A la découverte du monde à 20km/h…

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Chapitre 18: Le voyage de Star et Puissant au Chili

Attention, cet article a été écrit à deux. Les auteurs, Paris et William, s’excusent d’avance pour les quelques erreurs de concordance que le lecteur risque de rencontrer.

Santiago

7h du matin, un bout de planche en mains,  décollée d’un cageot en bois trouvé dans la rue, nous nous dirigeons, Antoinette et moi, vers l’aéroport de Santiago. Je profite des 45 minutes de bus pour costumiser mon bout de bois et marque PARIS au marqueur. On sait jamais, il pourrait ne pas nous reconnaître!

Tout ce que nous savons, c’est qu’il arrive avec un avion aux alentours de 8h30. On ne sait pas sa provenance exacte, et en cas de retard ou de problème, nous n’avons aucun moyen de nous contacter. Du coup, on est à l’affût, en espérant qu’il ne passe pas entre les mailles de notre filet. Heureusement, il ne nous échappe pas, et nous le capturons au vol et l’enmenons au plus vite à l’auberge pour qu’il puisse profiter du petit déjeuner qui finit à 10h!

Qui est Paris?

Session d’examen d’hiver 2009. Tout content d’en avoir fini avec Théorie du Territoire, nous (les géos) fonçons nous détendre à Satellite, le bar de l’EPFL. Diane tient absolument à incruster un de ses amis dans notre groupe: Paris, qui est à ce moment encore Epflien. Nous faisons connaissance, mais tout aurait pu s’arrêter là si je n’avais pas été tête en l’air. Pressé de rentrer à la maison, je prends le métro avec une partie du groupe quand tout d’un coup, je me rends compte que je n’ai plus de porte-monnaie!  Paris est la seule personne encore sur le campus ! Je le contacte, et il s’en va sauver mon coffre-fort M-budget.
Dès lors, nos chemins se sont croisés de plus en plus souvent, jusqu’à ce qu’on fasse partie du même groupe de musique. Peu à peu nous sommes devenus amis, au point d’escalader certaines grues de chantiers lausannois en pleine nuit. En échange universitaire cette année à Québec, et n’ayant lui aussi aucune famille à proximité pour passer Noël, nous décidons de le passer ensemble…au soleil! Nous avons 25 jours pour aller de Santiago à Lima: 4’000km au programme!

Valparaiso

Après 2 journées d’acclimatation, une balade dans les divers quartiers de la ville, et un concert de rue de Métal (Fuera de la Lei!!), nous nous séparons de notre chère Antoinette et nous nous  dirigeons vers… Valparaiso! Nous avons parcouru cette ville au charme particulier de haut en bas pendant 3 jours seulement, en comprenant qu’il faudrait peut-être tout une vie pour la saisir. Du sommet des dizaines de cerros qui encerclent la baie, coulent des cascades de maisons aux murs de tôles colorées. Des ruelles courbées et des escaliers pentus s’enfilent parmi elles,  et notre sens de l’orientation est mis à rude épreuve. Dans de nombreux coins on déniche des graffitis ou des points de vues particuliers sur le bleu du Pacifique. Ces explorations se poursuivent en compagnie de Filipe le poète qui rêve d’ouvrir une auberge-librairie ou de Dimitra la grecque qui travaille dans notre auberge. Valparaíso et sa fraîcheur arrive trop tôt selon nous, elle aurait eu un rôle parfait en tant que récompense au bout du voyage. Dans ce même rôle, Antofagasta ou Calama, villes que nous avons rencontrées en cours de route, ont été plutôt mauvaises. On aurait pu y rester pour des semaines, c’est juste à temps, avant de prendre racine, que nous décidons de faire le pas et de nous lancer. Le lendemain, on est On the road.

Hitchhiking in Chile

On est super motivés, au point de se rebaptiser pour le voyage. La veille du grand départ a lieu la métamorphose.  Paris et William disparaissent, remplacés par Star et Puissant. C’est ainsi renommés que nous gagnons en bus la Route 5, alias La Panamericana. Un spot a été repéré grâce à ce site: http://hitchwiki.org/ Le bus nous dépose devant un péage. On sort le carton, le stylo, mais alors que rien n’a encore commencé, Paris lance un regard de feu à un camionneur arrêté de l’autre coté du péage. Celui-ci nous fait signe de monter. Nous y croyons à peine, nous n’avons même pas sorti le pouce! Premier stop, zéro minute d’attente, si ce n’est moins.  De plus, il va directement à Calama, 1’600 km plus loin dans notre direction. Cela lui prendra deux journées et une nuit de voyage.

Jour 1: Valparaíso – La Serena. Mario

Notre premier stop se nomme Mario. Il est assez enrobé, mais surtout a un double menton qui hantera nos nuits futures. Les rôles sont distribués comme suit: pendant que l’un de nous deux fait la discute avec le Camionero depuis le siège passager, l’autre se repose sur la couchette juste derrière.  La cabine du camion nous offre une vue panoramique et un confort privilégié pour admirer les paysages qui coulent agréablement devant nos yeux, comme au ciné.  Mais, une question, à priori innocente, aura de graves conséquences  « Tienes musica chilena? ». Nos tympans en auront pour leur compte, 3h de musique à fond la caisse, aux tons festifs hyper répétitifs (et comme il  n’avait qu’un CD, on l’a écouté environ 6 fois). Impossible de dormir, et Mario à l’air d’aimer ça, nous ne voulons pas mettre fin à son plaisir.
Mario, la quarantaine, est un peu bourru, et avec un espagnol très rapide et difficile à comprendre. Il nous apprendra pas mal de petits trucs. Par exemple, il s’avère qu’il aime bien Pinochet. On pensait qu’il était tabou d’en parler… Lors d’une halte dans une Caleta de Camioneros, il nous enseignera l’art de déguster le poulet:  » le poulet, c’est comme les femmes, ça se finit à la main! ».

Le camion dépasse rarement les 90km/h, et même s’il nous aurait permis de nous déposer à 100 km de notre but (San Pedro) du premier coup, nous décidons que nous descendons en fin de journée parce que « Sinon c’est trop facile ». Après 6h et 400km en sa compagnie, nous dépassons La Serena, et là, le paysage est magnifique.  L’océan Pacifique se déchaîne sur la côte rocheuse noire du Chili, à seulement quelques kilomètres en contrebas de la route. Pas de traces humaines si ce n’est cette route sur laquelle nous roulons. Nous le prions de s’arrêter sur une aire de repos abandonnée, et de nous déposer là. Après de sincères remerciements, nous nous séparons.

Pour rejoindre cette côte déchiquetée (du style Bretagne), qui nous attire tant, nous devons traverser un paysage de collines couvert de cactus. Dans cette sorte de labyrinthe, on a du plusieurs fois revenir sur nos pas. Au loin, le soleil baisse, mais nous repérons un promontoire rocheux surplombant l’océan d’une centaine de mètre. Son sommet, fait de blocs de granite (ou métagneiss, le débat fut rude) est relativement plat et régulier. Sous l’euphorie de cette journée 100% réussie, nous décidons de ne pas planter la tente, et de dormir à la belle étoile. Après avoir mangé les fameuses pâtes au thon en boite de William et rempli nos devoirs d’écriture auprès d’un feu de cactus,  nous trouvons nos places sur ces rochers qui nous serviront de lit. Pas facile de ne pas basculer dans les fissures, si proches, quand les blocs sur lesquels nous reposons sont légèrement inclinés! Néanmoins, l’expérience est inoubliable: un ciel tel que nous en verrons plus ailleurs, pas même à Atacama. Le coucher de soleil sert de prélude à ce spectacle nocturne immobile mais envoûtant, cadencé par le fracas des vagues du Pacifique, venues de si loin pour finalement broyer le noir des roches dénudées.  Loin derrière nous, les quelques lumières qui fusent en direction du nord sur la route effacée, sont ce qui nous raccorde encore à la suite du voyage.

Jour 2: Los Higuares – Copiapó. Marcial

Réveillés par le vent devenus violent pendant la nuit, nous remballons nos affaires, saluons ce lieu mémorable et nous remettons en route parmi les cactus pour retourner sur la Panamericana. Cette fois, on écrit « NORTE » sur notre panneau avant de commencer à lever le pouce. Après 15 minutes d’attente, nous sommes exaspérés, ce n’était pas dans nos habitudes d’attendre aussi longtemps! Paris, sous la colère jette le panneau. Mais c’est là qu’un pêcheur du nom de Willam, accompagné de Williamson, son père, s’arrête, pour nous pousser, dans une bonne humeur rafraîchissante, jusqu’à une Caleta de camionneurs quelques kilomètres plus loin afin de nous faciliter notre prochaine prise. Nous décidons de manger dans une des échoppes avant de nous lancer dans notre prochain grand stop. Les portions sont énormes, mais les prix « spécial gringos » aussi. Cela ne plaît pas vraiment à Puissant (Star, lui, est riche) mais le massacre est évité de peu.

Par la suite, les choses se compliquent un peu, et nous utilisons tous nos moyens de derrière les fagots afin d’avoir notre deuxième stop de la journée. Quand nous sommes enfin sélectionnés, nous nous trouvons dans une situation un peu particulière. En effet, nous partageons la cabine avec une prostituée, que Marcial, notre camionero laconique, embarque en même temps que nous. Nous nous regardons: que va-t-il se passer? Va-t-il nous demander de descendre du camion un peu plus loin pendant qu’il fait son affaire? Ou va-t-il nous convier à la fête? Nous n’espérons pas, Madame n’est pas de notre âge ni à notre goût. Finalement, elle descend quelques dizaines de kilomètres plus loin et le rendez-vous est remis à plus tard, il se rencontreront, en tête à tête, sur le chemin du retour.

Une fois Madame descendue, nous commençons à faire connaissance de notre chauffeur. Marcial a 34 ans, est fraîchement divorcé – « I feel brand new man! » – et travaille 15 jours pour 15 jours de congés. Le Chili, il le connaît du Nord au Sud et du Sud au Nord. Il le parcours en promenant du cuivre depuis les mines jusqu’aux usines, mais pas inversement. Comme on l’a constaté, quand la route est longue, il accepte la compagnie de certaines Dames (parfois plusieurs en même temps), mais aussi d’auto-stoppeurs (parfois plusieurs en même temps), heureusement pour nous. Avec Marcial, il ne faut pas beaucoup de temps pour sympathiser. Son espagnol est facile à comprendre et parle un peu anglais, et les sujets de conversations divers et variés.

La veille, après notre premier stop, nous nous disions qu’il serait incroyable de se trouver sur des Harley, à traverser le désert avec du Heavy Metal à fond. Aujourd’hui nous faisons mieux: Marcial est fan de Hard Rock et guitariste à ses heures perdues. C’est dans son camion à l’americaine, que nous traversons nos 350 premiers kilomètres de désert. Racer X, Vinnie Moore, Metallica, Motorhead et WASP serviront de bande-son à cette étape mémorable. Nous avons ainsi eu plus de 5 heures pour déchirer les paysages désertiques que parcours la Panamericana avec du bon vieux hard à fond. Comme dans les films.

En fin de journée, à seulement 20km de Copiapó, notre camion s’écarte de la route pour se diriger vers une petite maison mal en point, qui ne parait pas habitée. Or, il s’avère que celle-ci sert occasionnellement de petite auberge aux voyageurs de passage.  Dans cette masure perdue au bout du désert, nous partageons une ultime tasse de café avec Marcial. La tenancière, une femme vivant seule avec ces deux filles, nous propose deux lits pour 4’000 pesos, soit 8 francs suisses. Cette baraque, aux murs n’allant pas jusqu’au plafond, posée à côté de vieux rails désaffectés mais avec un drapeau chilien poussiéreux encore fier qui la garde nous plaît.  Nous acceptons, tristes de mettre fin à ce stop métallique, mais heureux de trouver un peu de calme pour se préparer à l’étape du lendemain.

Jour 3: Copiapó –  Antofagasta. Juan

Après un petit déjeuner simple mais copieux, nous hésitons entre dégainer nos pouces magiques au bord de la route et une partie de négociations avec deux camioneros en pause petit-déjeuner. Ils rechignent: c’est pas la méga classe de ramasser des auto-stoppeurs. si les collègues l’apprennent, c’est la dèche!

Mais voilà. Paris balance tout ce qu’il a d’espagnol, avec une élégance et une classe inégalée, du moins selon les standards classiques, qui bien que souvent peu reconnus , n’en sont pas moins une référence éprouvée (phrase de Paris, ndlr). Finalement l’un d’eux, Juan, nous embarque pour ce qui s’avérera être le plus long de nos stops, plus de 9 heures de route et 600km de parcourus. Son camion est de loin le plus stylé que nous ayons pris, nous sommes naturellement tout contents. Mais alors que nous n’avons même pas atteint notre vitesse de croisière, un barrage routier nous surprend et nous force à faire quelques détours. On apprend à la radio qu’un gros accident a eu lieu 10 minutes plus tôt, et que malheureusement le camionero ne s’en est pas tiré. Quelques pensées vicieuses glissent sur nos fronts inquiets :  » Et si ce camion nous avait pris ». Mais nous concluons que, s’ils nous avait pris, il se serait attardé et il n’y aurait pas eu d’accident. La logique est imparable et notre confiance en la suite de notre voyage rétablie.

Lors de ce long trajet nous voyons une grande variété de paysages. Des côtes brumeuses aux villages de pêcheurs oubliés. Des falaises rocailleuses et des étendues de pierres grises, puis rouges et plus loin tournant vers le jaune brun. Après le repas, pris dans un habituel repère de camioneros, à Charañal, ville-usine, le paysage se stabilise dans la gamme du désertique pur. Aucune végétation en vue, seuls des cadavres de pneus s’étendent sur les bords de route. De temps en temps, on dépasse un petit monument artisanal en souvenir des défunts de la route. Juan nous en indique un en particulier, qui est habité par un ermite. Il a décidé de vivre sur le lieux où a été enterrée sa famille et vit des dons des camionneurs. Autres élements cassant la monotonie de ces paysages lunaires: les mines. Tous les dix-vingt kilomètres, une piste quitte la route principale et part s’enfoncer dans les profondeurs du désert. Au loin, on peut apercevoir de la fumée, de la poussière, des bâtiments. Plus rarement, on peut apercevoir des observatoires astronomiques perchés sur des dômes montagneux. Nous sommes dans une partie du monde où le ciel est considéré comme étant un des plus purs de la planète.

Le temps passe malgré tout dans cet immense désert et Juan fini par nous déposer… à un carrefour à 20 kilomètres d’Antofagasta. C’est  la fin de journée des ouvriers des mines aux alentours et il nous faut peu de temps pour être poussés jusqu’au centre d’Antofagasta. Cette ville semble sortie de nulle part alors que rien m’annonçait cette sortie soudaine et brutale de ce désert. Manuel, notre lift en question, nous propose même de passer nous reprendre le lendemain pour nous amener à un spot qui nous aidera à continuer vers Calama! Cela nous arrange bien, car après avoir déniché un hôtel glauque fréquenté par des mineurs et découvert les rues de la ville, nous n’avons aucune envie de nous éterniser ici…

Antofagasta est le plus grand port de la façade Pacifique de l’Amérique du Sud. Le centre-ville est animé, surtout à 3 jours de Noël. Nous profitons de cette courte halte près de l’Océan pour aller tremper nos pieds dans le Pacifique et…manger un MacDonald! Ouf, il était temps, dès le lendemain, nous mettons cap sur l’intérieur des terres, et fonçons vers les Andes et un pays  »non-océanisisé et non-MacDonaldisé » : La Bolivie.

Jour 4: Antofagasta – San Pedro de Atacama. Elize

13h, vendredi  23 decembre, Manuel est au rendez-vous pour nous déposer à la sortie de la ville. Toute la famille est dans la voiture, sa fille de 16 ans est fière de pouvoir exercer son anglais avec nous. Cette dernière journée de stop est légèrement plus difficile que les précédentes. Nous attendons environ une heure au bord de la route en plein soleil, mais l’écoute de Ain’t No Easy Way nous donne du punch. Finalement, notre sauveur viendra, à bord d’un pick-up plus rapide que tous les semis-remorques que nous avons ridé jusqu’à maintenant. Les 230km jusqu’à Calama sont avalés en un rien de temps, et notre chauffeur nous fait visiter certains coins du désert très particuliers. Par exemple, après une heure de route, Elize range le pick-up sur le bas-côté. À notre droite se trouvent tout un tas de maisons en ruine. Une ville fantôme de plusieurs dizaines de pâtés de maisons. En continuant un peu, nous arrivons dans un cimetière, lui aussi fantôme (et c’est le cas de le dire), peuplé de petites croix de bois faites à la main. Notre ami nous apprend qu’il s’agit d’un ancien village et cimetière de mineurs  travaillant dans une des mines de Salpêtre voisine. Celles-ci se sont vues peu à peu desertées quand la fabrication des nitrates synthétiques est devenues moins chère pour la fabrication des engrais. Ce village sans âme donne une atmosphère toute particulière à ce coin du désert. On se croirait revenu à l’époque des cow-boys…

Quand le pick-up s’arrête une dernière fois pour nous déposer à la sortie de Calama, nous sommes euphoriques! Après 4 jours et 1’700km de route, nous sommes si près du but! San Pedro et le Salar d’Atacama ne sont qu’à 100km, et demain, c’est Noël! On finit notre bouteille de Pesco qui nous suivait depuis Santiago, et on prend tout un tas de photos en mode frime. On pense être les King of the Road, mais il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. En effet, le destin nous fait attendre plus de deux heures! Jamais nous avions attendus aussi longtemps, mais jamais nous nous étions autant amusés au bord d’une route! Finalement, après un ultime stop, nous arrivons à San Pedro de Atacama!

San Pedro

Quand nous débarquons à San Pedro, nous nous démarquons tout de suite des nuées de touristes peuplant, à la veille de Noël, cette ville perdue en plein Atacama . Chemises poussiéreuses, vestes en jutes, cheveux sales, carton à la main, la réceptionniste de l’auberge ne se trompe pas, nous sommes bel et bien des AUTO-STOPPEURS! Elle-même, jolie petite blondinette ingénue, à parcourue le Chili et l’Argentine seule en stop. Que nos lectrices prennent note: les routes du monde ne sont pas peuplée uniquement de maniaques sexuels (bon, tout ce qu’on sait c’est qu’elle avait l’air en bonne santé).

Après ces 4 jours de voyage unique au sein d’une communauté (celle des camioneurs) riche et sympathique, la (sur)activité touristique de la ville nous effraye. De plus, nous sommes très fatigués. Star devient D-Star en cumulant les siestes et en se rasant la tête. En revanche, Puissant, usant de son courage légendaire, part à la conquête du désert sur son vélo de location. Les autochtones, s’écartent devant lui et les saloons ferment leurs portes. Au loin, le tonnerre gronde. Puissant is back in town (phrase de William, ndlr). Finalement, nous fairsons quelques excursions « pour ne pas passer à côte de quelque chose » et passerons un Noël modeste autour d’un steak. La ville (ou village, à peine 5’000 hab) est néanmoins entourée de site fabuleux. Nous nous rendrons à vélo dans la Vallée de la Luna pour assister à un coucher de soleil nuageux et irons nous baigner dans des lacs sur-salés, du style Mer Morte, où il est possible de flotter sans efforts. Durant ces quelques jours de repos en plein Atacama, nous aurons l’honneur d’être arrosés par les très rares gouttes de pluies qui tombent dans la région (35mm par an). La pluie, en cadeau de Noël du désert?

Pressés de partir, nous nous embarquons le 26 décembre pour un voyage de 3 jours en direction d’Uyuni en Bolivie.

Paris et William, Cuzco, 05.01.2012 


Chapitre 17: Entre deux…

Glandoza

Aller au bout du monde, dans une charmante ville d’Argentine perdue entre vignes et cordillère et ne rien faire d’autre que se tourner les pouces, manger et boire, ça a un sens? A ce moment je ne me pose pas la question. Après ces 2 semaines de haute altitude, j’accueille à bras ouverts ce repos du guerrier. Déjà, il faut que mon visage cicatrise. Un matin je me lève, la face toute craquelée, des chips de peau se décollant par endroit pour laisser paraître une nouvelle peau. Je ressemble à un space invader rouge et brun! Puis, je retrouve Donald, l’américain rencontré avant l’expé, qui revient d’une semaine amoureuse entre Santiago et Valparaiso. Notre journée s’articule de cette façon:

9h55: réveil inextremis pour le petit déjeuner de l’auberge Campo Base.
10h00: devant notre café arraché des cuisines de l’auberge, nous entamons la discussion du premier sujet grave de la journée: où et que manger?
10h20-12h00: En tant que big boss de l’auberge (en effet, on a fini par presque faire partie des meubles), on accueille les nouveaux, et si possible les nouvelles arrivantes en les briefants sur les choses à faire dans le coin (je dois pas mal broder car, hormis l’Aconcagua, je ne connais pas grand chose du coin).
13h30: Nous nous mettons en route pour le supermarché ou un snack. Il faut bien manger quand même!
Après-midi: RAS, cyber, balade dans les rues ou les parcs, lecture, rédaction…
16h: Instinctivement, Donald et moi, nous nous retrouvons devant le frigo de l’auberge: c’est l’heure de notre première bière. On en profite pour entamer le 2e sujet grave de la journée: où et que manger ce soir!
19h30: On avance l’heure du repas fixée plus tôt d’une heure, ça creuse de rien faire! En 4 jours, nous irons  3 soirs à une Parilla Libre. Grillades à volonté pour 15$! La première de la série en compagnie d’Eloi et d’Andrew sera mémorable. Le minimum de garniture pour le maximum de viande. Je dois être pas loin des 800gr-1kg de bidoche. Eloi nous bats tous à plates coutures en allant se resservir une bonne quinzaine de fois! Le retour à l’auberge se fera dans la souffrance. Nous finissons finalement, tous les 4 allongés dans un parc le ventre gonflé, à nous écouter gargouiller.
22h-02h30: On emmène les petits nouveaux de l’auberge boire des bières dans le centre névralgique de la vie nocturne de Mendoza: Villanueva.
3h: Debriefing, on fait le point sur cette journée, on essaye d’identifier les points qui seront à améliorer lors des prochains jours.

Du coup, ces jours à Mendoza se passent très bien. Néanmoins, je sens qu’il faut que je bouge. Nous sommes le Mercredi 14 décembre, Paris arrive à Santiago dans 2 jours, il faut que je prépare son arrivée. Nouveaux adieux avec Donald qui fait cap vers Cordoba en espérant rallier la ville du Che à Buenos Aires…en vélo! Je prends le bus de nuit, passe 1h30 à poiroter au milieu de la nuit et en plein froid à la frontière pour un misérable tampon dans le passeport (que j’ai déjà!) et arrive à Santiago au petit matin, comme il y a un mois!

Santiago, again…

Du premier coup, je reprends mes marques. Santiago est vraiment une ville  »facile ». On s’y repère facilement, malgré les 6 millions d’habitants, je ne m’y sens pas oppressé. Dans le centre, mais aussi tout au long de la ligne 1 de métro, j’ai l’impression d’être en Europe. Pas top pour le dépaysement, mais bon, la ville est sympa. D’emblée, je me rends dans le quartier de Bellavista que Laura, une voisine d’Epalinges, m’avait fait traverser le mois passé. Celui-ci est au pied de la plus grande colline de la ville, un véritable îlot de verdure qui surplombe la mégapole chilienne. Ce quartier, un peu alternatif, est plein de restaurants pas très chers, de bars, de théâtres et d’espaces culturels. Les murs des immeubles sont couvert de peintures et de graffiti tout droit sortis des vidéos de BLU. Cela donne au quartier un caractère et une atmosphère qui diffère du reste de la ville, beaucoup moins coloré.
Durant cette journée d’attente, je revois Laura, qui bien qu’en pleins cartons (déménagement pour Arica prévu pour la semaine suivante) me fait une nouvelle lessive. Elle me fait aussi découvrir les  »bars à jambes »! Ce sont des cafés où les hommes vont prendre un café entre deux rendez-vous d’affaires. Le café est servi par des femmes, pas forcement magnifiques, mais qui portent des robes moulantes, des collants et des talons mettant en valeur leurs membres inférieurs. Elles se trouvent sur une petite estrade protégée par une table-barrière. Elles sont aimables, au point d’appeler certains clients « mon champion » et de les flatter gentillement!

Le soir, je retrouve Antoinette, une amie de Paris qui, voyageant aussi, se trouvait par hasard à Santiago en même temps que nous. Santiago est bel est bien une ville de lausannois. Avec Paris, nous serons 4!
Nous faisons connaissance en cuisinant des pâtes super bonnes, et en se faisant réveiller au milieu de la nuit par des militaires brésiliens en permissions complètement bourrés. Le lendemain, vendredi 16 décembreà 9h, Paris arrive de Montréal, et là, les choses sérieuses commenceront!!!


Chapitre 15: Des plages brésiliennes aux 5’000 chiliens

Ouf, par où commencer… Bravo William, t’as pris du retard sur 20kmh, et maintenant, tu galères devant l’écran.
Bon, où nous sommes nous quittés? Au Brésil, il me semble.

Le Brésil! Alala, ce pays aura tenu toute ses promesses et m’a réservé bien des surprises! Déjà, quel choc en arrivant à Rio, après Dakar ! Je me trouve catapulté dans un quartier de la ville moderne, où les centres commerciaux se succèdent et où les voitures pullulent. Je suis dans un appartement (chez Ricardo) situé au 13e étage, j’en ai presque le vertige après 90 nuits à même le sol!

Le Pain de Sucre

Mon séjour à Rio se résume en très peu de mots: « Pain de Sucre »! Le 2e jour après mon arrivé, je me suis rendu aux abords de ce gros rochers à la forme si caractéristique. 400m de Gneiss, surplombant entre autres les plages de Botafogo et Copacabana et offrant une vue imprenable sur le Christ du Corcovado. Lors de cette première excursion, je trouve un petit sentier, prolongement d’une promenade au niveau de la mer, qui monte directement vers le sommet du rocher. Il est tard, il a plu, mais je décide de monter un petit peu. Le chemin n’en est pas vraiment un, il faut se mettre à quatre pattes car les plaques rocheuses qu’il traverse sont si abrupte que des spits sont à disposition pour s’encorder. En 15 minutes de montée, on atteint un point hors du temps, hors de la ville. À environ 100m au dessus de la mer, on peut contempler la baie de Rio d’une manière unique et des plus originales. De ce promontoire, on est en pleine nature, des sortes de vautours se laissent approcher, ainsi que des petits Macacos-Ouistitis. En observant le panorama, on aperçoit seulement quelques bateaux qui nous rappellent que dans notre dos se trouve l’un des plus grand port et une des plus grande ville d’Amérique du Sud. Lors de cette première ascension, je suis seul, et à environ 200m de l’océan, je me retrouve bloqué, un passage de 2m  compliqué, et le risque de tomber est trop grand. Si mes prises me font défaut, c’est la dégringolade assurée jusqu’à la mer!

En grimpant, je fais une découverte improbable: des dizaines et des dizaines de pièces de centimes de Reais (la monnaie Brésilienne)! Chose encore plus étrange, parfois je tombe sur des paquets scellés de 20 de ces pièces, tout droit sorti de la banque. Ces centimes, je les trouves éparpillés sur les rochers, comme si celles-ci étaient tombées en cascade depuis le sommet. Intrigué, j’en ramasse suffisamment pour que les poches de mon short soient pleines à craquer!

Cette découverte me motive à retourner le lendemain avec Ricardo. Je fouille dans tous les recoins possible avec l’aide d’un type qui fait guide sur le Pain de Sucre. Il nous annonce que le restaurant du sommet à été dévalisé il y a deux jours. En fuyant les voleurs ont du jeter les petites pièces, trop lourdes, pour garder les billets. Après deux jours de recherche, ma part du butin s’élève à plus de 200 Reais, soit 100 Francs Suisses!

Le soir, Carla, ma collègue géographe arrive à Rio, et bien entendu, la première chose que je veux lui montrer, c’est cette face du Pain de Sucre. En sa compagnie, j’y retourne ainsi une troisième fois de suite. Comme nous y passons beaucoup de temps, nous devons repousser au lendemain l’ascension complète du rocher par la télécabine. Ainsi, j’y retourne une 4e fois, et en guise d’adieu, le Pain de Sucre me permet d’aller contempler son panorama  gratos. En effet, avant de passer au guichet, je découvre à mes pieds un ticket aller-retour pour le sommet! C’est sûr, les vacances avec Carla commencent pour le mieux, la chance est de notre côté!

Ilha Grande

Respectant à la lettre la tourist attitude, les premiers jours à Rio avec Carla se déroulent pour le mieux. Photos débiles devant le Corcovado, pauses niaises devant des sculptures en sable sur la plage, découverte de Copacabana en plein jour (comme si c’était en plein jour que ça se visitait!)…etc. Mais bon, le principal c’est qu’on s’amuse beaucoup! Ricardo nous aide bien, véritable ange gardien, il nous sortira même en boîte dans le quartier de Lapa. Le plus Rock n Roll, c’était quand même le retour en voiture à 5h du matin..

Ricardo, encore lui, est celui qui nous offre le billet aller simple pour Ilha Grande. Cette île située à deux heures de route et une heure de bateau de Rio pourrait aussi bien être perdue au milieu du Pacifique, nous n’aurions pas vu la différence. Montagne, forêt Atlantique, plages paradisiaques se côtoient sans qu’aucune route ni voiture ne viennent troubler la tranquillité des lieux. La taille de ce bout de terre est toutefois surprenante: presque  130km de côte.

Sur cette île, nous allons vivre une expérience bien singulière, et, avec le recul, très déroutante. A ce moment toujours bons amis, nous débarquons un dimanche soir à Abraao, petit port et seule réelle ville de l’île. On fait le plein de provision, on remplit nos sacs pour survivre 2 jours au grand maximum. Après 1h30 de marche dans la forêt et par dessus quelques collines, nous arrivons à Palmas, une belle plage comme dans les catalogues d’agences de voyage. Quelques cahutes proposent aux rares touristes des boissons, du poisson, ou des emplacements de camping. Nous plantons donc notre tente à 20m de la mer, en pensant la replier le lendemain. Mais voyez-vous, dans un lieu tel que celui-ci, il est difficile de ne pas oublier le monde qui nous entoure. Après la frénésie de Rio, le calme nous étourdi, et nous n’avons pas envie de nous stresser pour voir les 1000 lieux qu’on avait prévu de visiter durant nos 10 jours de voyage commun. De plus, une plage située à l’autre bout de l’île nous intrigue. Elle se nomme Aventureiro et est considerée comme étant l’une des plus belle de l’île et, par conséquent, du monde.

D’un coup, nous prenons LA décision. Celle d’atteindre cette plage coûte que coûte: à la trappe Parati, Ubutuba et les chutes d’Igazu! Désormais, nous allons rester sur l’île aussi longtemps que nos obligations respectives nous le permettent. Dès lors, notre mode de vie change radicalement. Nos personnalités se transforment, le William et la Carla de l’uni de Lausanne disparaissent, et à la place deux créatures des bois voient le jour. Les serpents corails qui traînent sur les chemins nous font plus peur. Ensemble, nous chassons les fantômes des ruines d’une prison et partons à la recherche des sources des rivières qui se trouvent sur notre route.  Dans la forêt, nous marchons pieds nus, le corps de Carla est bientôt couvert de griffures et mes jambes de piqûres!

Tout se joue à l’instinct, sur le moment présent. Nous n’arrivons plus rien à prévoir ni à planifier. Nos  téléphones se déchargent progressivement, nos portes-monnaies sont quasi-vides (il n’y a pas de distributeurs automatiques sur l’île) et nos  provisions sont de plus en plus minces. Progressivement notre régime alimentaire se modifie: fruits et crackers en exclusivité pendant deux jours! Notre seule inquiétude, la batterie de nos iPod qui diminue.

Lors d’un de nos passages à Abraao, nous sommes pris d’une envie soudaine et incontrôlable. Etant devenus des êtres primaires et peu évolués, nous ne pouvons pas lutter, et c’est avec avidité que nous nous jetons ensemble, assoiffés, sur… la première Caipirinha venue! Presque à jeun, fatigués, cette Caipirinha nous est fatale. Les deux boissons qui suivent nous achèvent et, comme deux alcooliques de la Riponne, nous nous retrouvons à errer dans les rues d’Abraao pendant de longues heures jusqu’à ce que nos carcasses viennent s’échouer sur une plage. Seuls témoins de cette cuite la moins coûteuse de l’histoire: le chien qui vient nous réveiller!

Lentement, la semaine s’ecoule, et quand arrive le week-end, cette île paradisiaque ne l’est plus tellement. La jeunesse branchée de Rio et Sao Paulo viennent passer leurs quelques jours de congés sur cette île pour faire la fête. Ilha Grande alias Ibiza pour ce week-end. Notre tente se retrouve vite entourée de 300 autres, et le petit camping paisible qui nous abritait prend aussitôt des airs de Paléo. Nous avons fait notre temps, et sans regrets, nous retournons sur le continent. Le court séjour à Sao Paulo, dans la grisaille, fait un peu l’effet d’une gueule de bois. On doit réapprendre à vivre en société, à respecter certains codes et à répondre à nos sms. Après 3 jours un peu tristes dans cette jungle urbaine hostile, nos chemins se séparent et, irrémédiablement, mon avion décolle le 16novembre pour …

Santiago!

Allez, méga motivation! Toujours nostalgique de ces deux semaines, je débarque de l’autre côté du continent à 2h du matin. D’emblée, le ventre criant famine, je me trouve un sandwich… aux asperges! Berk! Pour me consoler, je trouve un banc tranquille dans un coin reculé de l’aéroport et j’imite Tom Hanks dans Terminal en faisant mon nid entre les voyageurs et les hôtesses pour le restant de la nuit.
A peine débarqué au centre de la capitale chilienne, je fais du stop jusqu’à la station de ski de Valle Nevado. ma première vraie nuit au chili se fait sur un promontoire à 2’000 au dessus de Santiago. Le soleil se couche à l’horizon, et peu à peu, les lumières de la ville apparaissent et me servent de veilleuse. Le soir, alors que je me cuisine mes pâtes, un condor vient tournoyer au dessus de moi:  » bienvenu dans les Andes » me lance-t-il!

Mes premiers jours chiliens se passent donc en montagne, dans la région du Cerro del Plomo. C’est que je dois m’entraîner avant d’entamer l’Aconcagua! Je passe ainsi trois journées au-dessus de 4’000m, dans le froid et dans le vent. Un premier sommet de 4’180m, le Cerro Pintor,  me donne confiance. Les paysages sont magnifiques et grandioses. Il faut multiplier par deux tous éléments qu’on peut voir en se baladant dans les alpes. Les vallées, les glaciers, les blocs ératiques, les moraines, tout est gigantesque!! En revanche, les refuges, eux, sont des plus sommaires. Pas plus grands qu’une tente, ils peuvent abriter du vent, mais pas du froid (car pas de portes) trois marcheurs maximum. Je passe deux nuits en compagnie de Jean, un randonneur normand, et Maurizio son guide au refuge de Federacion, au pied du Cerro del Plomo à 4’110m. N’étant pas équipé pour le grand froid, je ne monte qu’à une altitude de 4’850m sur les 5’400m du Cerro del Plomo. Je suis satisfait, je tiens bien l’altitude jusqu’à là, et  l’impression de monter toujours plus haut est grisante. En revanche, je réalise seulement maintenant dans quoi je me suis lancé en m’inscrivant dans cette expédition pour l’Aconcagua. Bien que réputée facile techniquement, il n’est jamais aisé de monter à des altitudes de presque 7’000m! C’est vraiment de la TRÈS haute-montagne qui m’attend, et je commence à appréhender un peu. Soudainement, je me prends à regretter le luxe de notre tente 1place sur Ilha Grande…

Je découvre vraiment Santiago 4 jours après être arrivé au Chili, en descendant des montagnes. Il me reste 5 jours avant le début de l’expédition, et ces jours sont mis à profit pour trouver du matériel, moins cher au Chili qu’en Argentine. Durant ces quelques jours à Santiago, je rencontre aussi Laura, la soeur d’Eric, un copain d’Epalinges. Elle vit depuis la semaine chez son copain Julio. C’est marrant de faire la connaissance d’une Palinzarde si loin de chez nous! La journée, je découvre certains coins de la ville en sa compagnie, le soir, nous allons manger des plats typiquement chiliens avec son copain. Nous nous quittons, en nous promettant de se revoir à mon retour d’expé.

Hier, j’ai tenté l’auto-stop longue-distance pour rejoindre Mendoza en Argentine. Je me prends bide sur bide pendant 2h. Finalement, je rejoins la gare routière et prend un bus. C’est donc Mercredi 23 depuis Mendoza et encore  à moitié endormis que je vous relate les événements de  ces dernières semaines. Dans deux jours je pars pour l’Aconcagua, à dans trois semaines cher lecteur, Inch Allah! 😛


Chapitre 14: Bande-annonce: William en Amérique du Sud

Souvent, on me pose la question: « Que vas tu faire en Amérique? » Il est temps de vous livrer mon planning, bien chargé, mais aussi complètement différent de ce que j’avais prévu initialement, des trois prochains mois.
Vous, mes fidèles lecteurs, vous vous rappellez certainement des difficultés que j’ai rencontrées au Maroc, difficultés d’ordre moral et psychologiques relatées dans le chapitre 7. Pas de plaisir, solitude accablante, envie de rentrer, marre de pédaler, besoin de changer de plans pour la suite du voyage. La partie latino-américaine de mon périple est la victime de ce coup au moral ou plutôt la bénéficiaire. C’est cette partie que j’ai décidé de complètement revisiter, et j’en suis bien content, je me réjouis à 200% de ce qui m’attend!

Rio->Ricardo

Avant toute chose, rappelons à ce qui ne vont pas régulièrement consulter ma position satellite que j’ai atterri à Rio de Janeiro le 27 ou le 28 octobre, je ne sais plus. l’avantage d’être en vacances pendant une année, c’est d’avoir le luxe de pouvoir oublier les dates, de perdre la notion du temps. Cela contribue à amplifier ce sentiment de liberté qui est si grisant. Bref, nous y reviendrons, je ne suis pas là pour disserter à ce propos. Donc je suis À Rio depuis environ 5 jours, Ricardo, l’ami de mes parents qui m’héberge me fait découvrir les différents charmes que la ville peut offrir. Je découvre de nombreux aspects de Rio qui m’auraient étés inconnus sans son aide. C’est chez Ricardo que ma monture va se reposer pendant 3 mois, en attendant se s’envoler vers la Suisse, puis vers l’Asie.

Brésil->Carla

Ce soir, Carla arrive à Rio.  Il s’agit d’une bonne amie de l’université qui, cette année, travaille dans une ferme vers Florianopolis, à environ 1’000km au sud de Saõ Paulo. Elle travaille dans une petite ONG perdue entre forêt, océan, montagne et lagune. Il paraît que c’est magnifique, je vais y faire escale quelque jours si tout va bien. Donc une fois que Carla sera à Rio, nous descendrons jusqu’à Florianopolis en bus, en nous arrêtant à plein d’endroits qui ont l’air d’être digne d’intérêt. Je lui fais confiance, c’est elle la guide sur cette partie du voyage, deux semaines au total!

Aconcagua

Le 16 novembre au soir, je m’envole depuis Porto Alegre pour rejoindre Santiago, la capitale du Chili. Une fois sur place, je tente de trouver quelques cartes et sûrement un peu de matériel de randonnée. Une fois cela accompli, je cours rejoindre les pentes du Cerro Del Plomo ou du Marmolejo. Ces sommets culminants respectivement à 5’425 et 6’110m, me permettront de faire une première course d’acclimatation. Le but n’est pas forcement d’atteindre le sommet d’une de ces deux montagnes, mais de monter le plus haut possible pour habituer mon organisme à la différence de pression et au manque d’oxygène. Ces treks durant environ 5 jours, je n’en effecturais qu’un car le 25 novembre j’ai rendez-vous à Mendoza, côté argentin, pour rejoindre les membres d’une expédition en route pour l’Aconcagua!

« Aconcagua », quel nom bizarre! Qu’est-ce, un serpent? Une île? Non! Il ‘agit d’une autre montagne, mais pas n’importe laquelle! Du haut de c’est 6’960m, c’est le plus haut sommet des Amériques, et ainsi, la plus haute montagne hors de l’Asie. La particularité de l’Aconcagua est qu’il se trouve dans une région extrêmement sèche, du coup, il y a que très peu de neige sur les flanc du massif. Par conséquent, il est possible de parvenir au sommet sans trop de difficultés techniques, le tout étant de savoir s’adapter à une telle altitude et de pouvoir vaincre les caprices du temps.

Ainsi, du 25 novembre au 12 décembre, je serai sur les pentes de cette belle montagne, en espérant que celle-ci me laissera tâter son sommet.

Santiago-Lima->Paris

La diaspora lausano-géographe est présente partout dans le monde, ainsi quant on sait qu’un de nos confrères est dans le coin (c’est-à-dire sur le même continent), on court le rejoindre pour passer du temps avec lui. C’est ce que fait Paris, qui fait un échange et étudie dans la jolie ville de… Québec auCanada! Certes, c’est loin, mais le jeu en vaut la chandelle! Ensemble nous allons remonter en bus, en car, en stop ou en lama s’il le faut la Cordillière des Andes en passant par le Chili, la Bolivie et le Pérou. Nous célébrerons peut-être Noël en plein Atacama, et Nouvel-An au milieu du Salar d’Uyuni, qui sait! La classe, non?

Pour l’instant, c’est tout ce qui est prévu. Une fois à Lima, je me débrouillerai pour retourner à Rio retrouver mon bel étalon, euh, mon beau vélo, et je m’envolerai pour l’Asie du Sud-Est après une courte escale en Suisse. Affaire à suivre…

JE RESUME POUR CEUX QUI N’ONT PAS SUIVIT:

2 semaines de tourisme brésilien avec Carla

1 semaine de trek d’entraînement au Chili

3 semaines d’expédition à l’Aconcagua

3 semaines de vadrouille dans les Andes avec Paris

??? Jusqu’au 22 janvier.

à suivre ….