A la découverte du monde à 20km/h…

Chapitre 25: Au menu: Daal Bhaat, Rhinos, 47°C et vent de face

Kathmandu, entre colères divines et saut de l’ange

Huits jours à Thamel, dans mon hôtel, à me reposer, à manger, à ecrire. Huit jours à profiter une dernière fois de mes amis avant que nos chemins se séparent. Huit jours aussi pour tenter de devenir le nouveau roi du Népal en restant assis sur le trône de nombreuses heures par jours.
Mais avant toutes choses, ces huit jours sont aussi l’occasion de visiter un peu la ville. Mon amie Tania, qui a vécu quelques semaines à Kathmandu me fait une liste des choses à voir et à faire avant mon départ. Pas moyen d’échapper aux journées-cultures donc. Pour ne pas avoir à affronter la colère de l’imminente judoka Tania, je passe une journée à me balader dans les ruelles de la vieille ville médiévale de Bhaktapur. Puis, en compagnie de Pierre, nous allons tourner les centaines de moulins à prière de la plus grande stupa du pays: Buddha Nat. Sous les yeux scrutateurs de bouddha peints sur le haut de la stupa, nous tournons dans le sens des aiguilles d’une montre parmi les fidèles.  Puis, enjambant un grillage, slalomant entres baraques et suivants des nuées de gamins pieds nus, nous débarquons en pleine cérémonie hindoue dans un coin perdu, et inconnu des autres touristes du temple de Pashupati. Entre saddhu à la barbe jaune et offrandes brûlées pour je ne sais quels dieux, nous profitons de ce moment privilégié pour sympathiser avec les enfants et prendre des photos de ces offices qui nous paraissent si mystérieux.
Avant de retourner dans nos quartiers, nous offrons à Shiva l’opportunité de se venger de notre intrusion: une platée de momo empoisonnée dans un boui-boui au coin d’une rue manque de peu de détruire mon estomac et l’ensemble de la tuyauterie. Manque de bol, c’est justement le lendemain de cette tentative divine de me mettre hors combat que j’ai prévu avec Kesa de prendre le bus pendant 4h pour aller faire l’un des plus haut saut à l’élastique du continent: 160m de chute presque libre depuis un pont suspendu haut perché.
C’est donc après avoir passé la nuit allongé sur le carrelage de ma salle de bain à gémir et à sympathiser avec la cuvette. C’est sans pouvoir avaler la moindre goutte d’eau pendant plus de 12 heures. C’est après avoir lutté contre les virages de la route qui ont vainement tenté de me faire vomir les derniers mililitres de bille encore contenu dans mon estomac que, finalement, je me traîne jusqu’à la passerelle. Kesa est survoltée, entre peur et impatience, elle tente de calmer ses nerfs pour pouvoir faire le grand saut le plus serrainement possible. Moi, je suis amorphe, et ne réalise ce qui m’attend qu’une fois l’élastique accroché à mes cheville. Sur la platte-forme, un vide intersidéral juste sous mes semelles, je me réveille de ma torpeur… Mais dans quoi je me suis fourré encore!?! Je demande à mon bourreau qui s’s’apprête a me jeter dans le vide:  »No escape possible? ». Je connais la réponse:  »yes, just one step in front of you and you »ll be free. 3…2…1… Jump!! »
Ni une ni deux, je me trouve à pendouiller au bout d’un élastique. Quelle sensation!!! La dose d’adrénaline me libère même de mon mal (temporairement) et c’est avec un sourire de vainqueur que je me jette sur le plat de spaghetti offert aux victimes de la gravité.

Cette semaine de repos devait être l’occasion pour moi de prolonger mon visa d’un mois qui finit ces jours-ci. Plein de bonne volonté, je me renseigne sur la procédure. Elle est simple, mais le bureau est à l’autre bout de la ville, et l’attente est souvent très longue. Je décide de remettre cette visite chez les officiers d’immigration au lendemain, puis au sur lendemain. Après, je tombe malade, fait un saut à l’élastique et remonte sur selle. Tant pis, j’irai à travers le Népal en pleine illégalité.  Espérons que l’officier de la frontière népalo-indienne soit sympathique. ..

En huit jours, des racines me poussent. Je m’habitue aux petits déjeuners en compagnie de Caitlin au Dalima Café, j’ai mes commerçants préférés, mon vendeur d’eau et de cartes postales attitré, je pourrais rester là encore longtemps. Je sens qu’il faut partir rapidement avant que Kathmandu me capture, me mange. À peine rétabli, je remonte sur mon vélo et dis adieu à mes amis. Dernières embrassades sincères et émouvantes avant d’aller embrasser le bitume et la route. Pokhara, Bardiya, New Dehli, me voilà.

Pokhara

Difficile de m’arracher et de me séparer de ses amis qui ont partagé mon quotidien depuis presque un mois. Pour la première fois depuis l’Afrique il y a de nombreux mois, je reprend la route seul. Pas de Benoît, de Paris, d’américaines sympathiques, de suissesses en voyage avec qui parler et rigoler. Pas le choix, je reprend mon dialogue avec mon biclou. J’ai de la chance, il est bavard ces jours, il grince de partout.

En sortant de kathmandu, une mauvaise surprise m’attend. Je constate qu’un de mes cables de vitesses est presque sectionné. Aucune gaine de rechange, pas de magasin Hood Cycles en vue, je dois donc mouliner sur mon premier plateau sur plus de 200km. Quelle frustration lors des nombreuses descentes ou faux-plats qui jalonnent le parcours et dont je ne peux profiter… j’avance à une allure de 13-14kmh alors que le relief m’est favorable, tant pis.
Après deux journées à avancer à cette allure modeste, je tombe sur deux autre voyageurs à vélo! Comme trop souvent, ils viennent du sens inverse, du coup nous faisons connaissance et échangeons nos informations au bord de la route. Matthias est suisse-allemand, à une quarantaine d’année et voyage entre Inde et Nepal depuis trois mois. Son compagnon rencontré sur la route, Dave, est un anglais de 63 ans.  »Peau anglaise » oblige, la moindre parcelle de son épiderme est protégée du soleil: gants, chapeau, pantalon, chemise longue… et le tout par 40°C!
Cette rencontre me permet d’acquérir de précieuses information: relief, état de la route, sens du vent…etc jusqu’en Inde. Aussi, Matthias me donne une de ses gaines de câble de vitesse et Dave me montre comment bloquer mon dérailleur sur le deuxième plateau avec l’aide d’un crayon en attendant de trouver un endroit pour réparer mon câble. Et puis, ils m’informent qu’à Pokhara se trouve un jeune cyclo autrichien qui vient des pays que je compte traverser pour rentrer en Europe. Ils me disent dans quelle guesthouse le trouver, ce sera un des objectifs de mon séjour à Pokhara. Je leur souhaite bonne route et nous nous séparons.
Sur les derniers kilomètres du parcours, en levant la tête vers le ciel, je suis frappé par la forme étrange de certains nuages. En m’arrêtant, je constate que ce ne sont pas des nuages, mais des montagnes gigantesques, recouvertes de neige. Un coup d’oeil me le confirme, ce sont les Annapurnas! Je suis heureux de pouvoir contempler ces montagnes mythiques de mes propres yeux. La chaîne s’étire sur tout mon champ de vision, et la sorte se smog recouvrant la plaine où je me trouve donne à ces montagnes l’impression de sortir du ciel. Le sommet des Annapurnas culmine à plus de 8’100m, et il s’agit du premier 8000m à avoir été gravit. Maurice Herzog et Louis Lachenal sont parvenu au sommet du premier coup en 1950.  »Annapurna premier 8000 », c’est d’ailleurs le livre que je lis à ce moment.

Après deux jours et demis, j’arrive enfin à Pokhara. Jolie petite ville au bord d’un grand lac à 800m d’altitude, Pokhara offre un tout autre visage que kathmandu. Les gens y sont plus relax, la circulation moins agressive, on s’y sent en vacances. J’y reste deux jours, trois nuits. Comme cela fait plusieurs jours que je mange du Daal Bhaat midi et soir, je décide de changer et trouve une steakhouse aux steaks fabuleux et un restaurant italien qui fait de vraies pâtes italiennes al dente! On me demande souvent si je suis lassé de manger du daal bhaat tous les jours. Véritable plat national, ce met est composé de riz, d’une sorte de soupe de lentilles et d’un curry de pommes de terres ou de légumes. Pour une somme dérisoire, je ne paie jamais plus de 0.80€, le tout est servi à volonté. C’est jusqu’à aujourd’hui le seul plat du voyage qui arrivait à me caler toute une demie-journée. Même si les pauses de midi manquent un peu de suspens (« mais que vais-je donc trouver à me mettre sous la dent dans cette gargotte? »), j’ai eu la chance de ne jamais en avoir marre de manger ce fameux Daal Bhaat.

La chaleur à Pokhara m’offre la possibilité, en plus de varier mes habitudes culinaires, d’avoir un aperçu de la chaleur qui m’attend. Les journées sont accablantes, et le mercure monte haut. Néanmoins j’arrive à mettre à profit mes journées en pédalant jusqu’au Devil’s Falls qui sont de modestes chutes d’eau qui semblent être très appréciées des touristes indiens, et en allant jeter un coup d’oeil au musée de la montagne. Finalement, je reste plusieurs heures dans ce musée qui relate les premières ascensions des quatorze 8000m, qui présente toute les ethnies du Népal et expose de superbes photos qui montrent en parallèle des habitants des alpes des années cinquante et des népalais d’aujourd’hui effectuant leurs taches quotidiennes: les ressemblances sont troublantes.

J’ai de la chance, dans ma chambre d’hôtel, j’ai une télé et le wifi! Cela tombe bien car ce soir, ou plutôt cette nuit, je pourrais voir la demie-finale de Ligue des Champions diffusée en direct sur une chaîne indienne. Chelsea-Barça, l’affiche est belle! A une heure du matin, je me réveille, et allume la télé. Au même moment, ma tablette se met à sonner: Paris (vous vous en rappelez j’espère? Star, chapitre 18 si jamais) tente de me skyper.  Finalement, lui au Canada, moi au Népal, nous suivons le match en discutant comme nous l’aurions fait sur un même canapé à Lausanne. L’expérience est amusante et après la qualification de Chelsea, je m’endors avec le sourire, heureux d’avoir pu parler une heure et demie avec mon ex-compagnon de route.

Comme prévu, je cherche l’autre cyclo présent à Pokhara. Je le trouve à son hôtel et ensemble nous partageons de nombreux thés. Johannes à 26 ans et est autrichien. Juste après être rentré de vacances en Asie du sud-est il y a un an et demi, a décidé de démissionner et de partir vers l’Est à vélo. Aussitôt dit aussitôt fait: en trois mois à peine il se retrouve sur les routes en direction de l’Orient. Nous avons exactement le même nombre de kilomètres au compteur et il est parti de chez lui en même temps que moi. Il m’informe qu’à Pokhara se trouvent de nombreux cyclos. Deux jours auparavant, ils étaient sept dans son hôtel, et je croiserai moi-même deux jeunes filles sur leurs vélos venant tout juste de traverser l’Iran, le Pakistan et l’Inde.  Pas de chance donc, tous les voyageurs que je rencontre circulent dans l’autre sens, vers l’Est. Après ces deux jours et demi de pause à Pokhara, je reprends donc la route en direction de l’Inde en solo.

Dos à l’Himalaya, regard sur les plaines du Gange.

Dernières étapes de  »montagne ». Depuis peu, je sens une amélioration dans ma manière d’appréhender une montée. Avant, à chaque fois, je redoutais d’avoir à affronter une pente trop forte ou trop longue. Depuis que je suis au Népal, je me réjouis souvent à l’idée de serpenter plusieurs heures sur les flancs des derniers reliefs himalayens.  Ces derniers denivelés, ces derniers instants passés accroché à ces pentes, je les savoure. Lors des descentes, puisque j’ai retrouvé l’usage des mes trois plateaux, je peux m’ennivrer de vitesse. Dans ma tête, je m’imagine les commentaires des consultants sportif de la TSR lors d’un Super G de Didier Cuche.  »Oula, il sort du virage un peu haut … première moitié de parcours très bien négociée par William … Ah, deux dixième de retard au premier inter! … espérons que William pourra les ratrapper, mais on connaît ses qualités de finisseur! ».

Pour prolonger le plaisir d’être en montagne, je me trouve un lieu de bivouac qui restera dans le top ten du voyage. Une petite terrasse naturelle, perpendiculaire à la route et surplombant de deux cent mètres le fond de la vallée où s’écoule une rivière entre quelques plantations. Le soleil se couche derrière les sommets alors que je me cuisine mes fameuses pâtes aux légumes. Quand je vais me coucher, ce sont des lampions disparates et multicolores qui habillent la montagne d’en face à l’endroit où se trouvent les quelques habitations qui parsèment son flanc.

Finalement, la route finit par descendre, pour de bon. Alors que je pense avoir à affronter un dernier col, la route part s’engouffrer dans une gorge, slalomme une dernière fois entre les monts et soudain, c’est le plat! Il n’y à qu’une ligne plate et horizontale en guise d’horizon: la plaine du Gange. Le bas-pays népalais veut faire les choses bien, et m’envoie un comité d’accueil particulier qui ne me lâchera pas d’une semelle jusqu’à ma sortie du pays.
Pendant une semaine, Éole et Mr Sun ne vont pas me lacher d’une semelle. Je viens tout juste de passer les 8’000km, et malgré un relief plat à en donner le vertige, je sens que cette traversée du Tiraï népalais ne va pas être de tout repos. Les cinq cents kilomètres qui m’attendent se feront avec un vent de face éreintant et sous une chaleur digne de la Mauritanie: 47°C enregistré plusieurs fois!
Heureusement, je trouve la parade! J’ai vite fait de remarquer que le vent est lève-tard, et qu’il dort jusqu’aux environs de 11h. Ainsi, j’adapte mes journées en fonction. Je me lève à 5h, parfois même à 4h, range ma tente, grignote des biscuits, et prend la route avant 6h, profitant du même coup d’une température clémente de seulement 20°C.
Jusqu’à midi, je roule beaucoup, et mange aussi beaucoup. Je m’arrête manger une omelette à 9h et manger mon Dhaal Bhaat vers 11h. Puis, le vent se lève, le soleil cloue au sol tout ce qui bouge. Même si le matin je dépasse souvent les 80km, au final, ces longues journées passées sur la selle ne debouchent rarement sur une étape de plus de 110km.
Ce qui m’agace le plus c’est le vent. La chaleur par contre, je l’apprécie. Je retrouve les sensations que j’avais dans le Sahara. Alors que quand je suis à pieds, un banal 30°C m’accable, me rend faible et paresseux, le 45°C qui m’accompagne souvent lorsque je pédale me booste et ne m’empêche pas de monter sur selle (et de boire parfois jusqu’à 8.5L d’eau par jour!).

La région du Tiraï népalais contraste énormément avec les autres région du pays. Plate et pleine de champs, elle est aussi très peuplée. La physionomie des gens est aussi très différente. Par exemple, je trouve les femmes très jolies. Plus que dans le Khumbu en tout cas. Les comportement de gens doit être influencé par l’Inde, toute proche: on me devisage sans rien dire, et les discussions échangées avec certains locaux sont à la fois ridicules et hillarantes. Par exemple, un type bien habillé qui s’arrête pour venir me faire la causette alors que je fais la sièste sous un arbre me propose après 2 minutes de conversation d’échanger nos téléphones portables en souvenir de notre amitié parce que maintenant  »you are my best friend and I am your best friend »! 😀 Et il parait que ce sera pire en Inde…

Néanmoins, je vis une expérience formidable au sein d’un famille népalaise, alors que je me renseigne auprès de quelques jeunes de mon âge au bord de la route sur en endroit ou camper dans le coin, l’un d’eux me propose de planter ma tente dans son jardin. J’accepte avec plaisir et suis Baburam jusqu’à chez lui. En plantant ma tente, je fais connaissance avec la mère, qui épluche ses légumes en m’observant, et du père, prêtre hindou qui s’occupe des chèvres, des vaches et des poules qui gambadent autour de ma tente. Plus tard viennent aussi les frères et soeurs, puis les voisines et leurs enfants auxquels j’offre des ballons en baudruches qui les amusent beaucoup. Je leur fait la visite de mon palace (comprendre: ma  tente), et, rien que pour eux, je fait rugir le moteur de mon bolide (qui en faite ne se résume qu’à faire tourner les roues de mon vélo). Baburam veut ensuite me présenter sa grand-mère qui m’attends devant sa maison à deux pas d’ici mais qui ne peut pas se déplacer. « Very old « , me dit-il « 70 years old ». En effet, elle fait âgée, mais m’accueille avec le sourire. De retour dans nos quartiers, nous passons à table, ou plutôt sur le sol. La famille à préparé un Dhaal Bhaart agrémenté des trois oeufs et les quelques legumes que je transportais dans mes sacoches et que nous degustons à même le sol. Baburam me le répète sans cesse:  » we are very happy that you sleep here tonight, the village is very glad also ». Et moi donc!
Malheureusement, la soirée ne peut se prolonger, je tombe de fatigue et pars très vite me coucher dans ma tente. Le lendemain heureusement, j’ai la possibilité de leur faire des adieux plus convenables avant de reprendre la route de bon matin.

Bardia: attention aux Rhinos!

Étape obligée avant de faire le grand pas en Inde: la réserve naturelle de Bardia. Ce parc, je le traverse en partie sur mon vélo, car la route le coupe dans sa longueur. Cela me permet d’apercevoir quelques cerfs, mais pour en voir plus, je rejoins un petit village avec quelques lodges proposant des safaris au sein du parc. Bien qu’il soit possible d’y admirer des éléphants, des rhinocéros, et surtout des tigres (avec un peu de chance), l’excentricité du site par rapport aux centres touristiques du pays et sa proximité avec l’ancien foyer de rébellion maoïste font que ce parc est très calme et les touristes peu nombreux.

Dans mon lodge, je fait la connaissance de deux backpackers belges de vingt ans. Ensembles, nous décidons de faire équipe et de partir le lendemain dans le parc avec un guide. Ils vont vite me dégoûter. Fumeurs de joins invétérés, ils n’hésiteront pas non plus, un matin, à aller à faire un tour au collège du village pour repérer d’éventuelles aventures sexuelles.  » faut faire gaffe, si on nous chope, on risquerai d’avoir à se marier »…

Le safari se passe très bien. À pieds, nous suivons notre guide toute la journée, alternant affut et marche. À un moment, nous tombont sur deux rhinocéros qui se prélassent dans une marre. On pose les sacs et on se rapproche. Ils sont ENORMES!! Cachés dans les hautes-herbes, notre guide de seulement 19ans nous montre quelques arbres en nous disant qu’en cas de charge des rhinos c’est là que nous devons monter. Soudain, les deux bêtes se lèvent et commencent à courir! Le sol tremble jusqu’à nous, et leur vitesse est impressionnante vu leur taille. Heureusement, ils ne se dirigent pas vers nous.
Durant la journée, nous pourrons observer encore trois autres rhinocéros dont un bébé avec sa mère, des cerfs, un crocodile et un éléphant, et le tout en étant à pied, avec la possibilité qu’un tigre nous tombe dessus à tout moment!

Bye bye Népal!

La frontière avec l’Inde se rapproche, et j’ai vite fait de planter ma tente un dernière fois sur la terre népalaises. Pour l’occasion, je trouve un petit replat surplombant le lit gigantesque d’une rivière asséchée. Je voulais faire les choses discrètement pour ne pas être derangé. Pas de bol, alors que je plante ma tente arrive une cinquantaine de femmes qui s’en vont chercher du bois. On m’observe et le cercle de saris rouge se resserre toujours plus près de ma tente. Finalement, alors que ma tente est plantée et que le sac de couchage déroulé, les femmes commecent a me parler. Même si je ne comprends pas un mot de ce qu’elles me disent. En revanche, leurs mîmes sont clairs et je les interprète sans problèmes: une personne qu’on étrangle puis qu’on égorge. Elles me montrent la foret d’en face et le lit de la rivière. Puis, elles me disent d’aller au village avec elles pour dormir en sécurité. Elles se font insistantes et ont vraiment l’air inquiètes. Soudainement, elles disparaissent pour aller chercher leur bois et reviennent une heure après alors que je suis en train de manger mes pâtes. La même scène se reproduit, mais cette fois-ci elles se font très insistante. Apparament je me trouve dans une zone très dangereuses et elles se font du soucis pour moi. Heureusement, quatre jeunes hommes parlant anglais viennent en renfort et me font la traduction : je me trouve sur un territoire habité par des … Fantômes!!! Et puis aussi, il y a de nombreux gangs de voleurs qui remontent la rivière la nuit, et d’après eux, ce ne sont pas des coeurs tendres, sans compter les singes qui sont partout et ne manque pas une occasion pour fouiner dans les affaires des campeurs. D’après eux, je devrais dormir dans la cour de l’école. Mais voilà, la nuit est tombée, je suis super crevé et ça m’embête énormément de démonter ma tente pour la replanter 500m plus loin. De plus, j’ai la conviction qu’une fois réfugié dans le pays des rêves, rien de grave ne peut m’arriver. Stratégie de l’autruche peut-etre, mais à ce moment de la journée, je trouve qu’elle me convient très bien. J’essaye de leur faire comprendre que je veux rester sur place. Ils n’insistent pas et s’en vont. Aussitôt je m’endords et ne suis réveillé qu’une fois au milieu de la nuit par des bruits de pas dans les feuilles mortes en direction de ma tente. Le coeur battant je saisis ma lampe d’une main, mon bâton de l’autre, et éclaire en direction du son: ce n’est qu’un lapin. Le lendemain, je suis toujours en vie, et toutes mes affaires sont là. Morale de l’histoire: au Népal, même les fantômes sont gentils!

Au matin de cette dernière journée de route au Népal, je m’empare d’un stylo et de mon passeport et décide de me mettre moi-même dans la legalité. Je remplace precosionneusement quelques chiffres de mon visa, et soudainement ma présence au Népal devient valide jusqu’à la mi-mai! C’est fou ce qu’un petit trait en plus sur un papier peut arranger les choses!
Alors que je me dirige vers la frontières, je vois au loin deux formes étranges qui se rapprochent. Pas de doutes, ce sont des cyclos! Nous accompagnons notre rencontre de coups de sonnettes et de grands signes de mains jusqu’à ce que nous arrivons au même niveau. Une fois à l’arrêt, je fais la connaissance d’Arpi et Zita, jeune couple hongrois fêtant leur lune miel de manière assez particulière : en voyageant trois ans autour du monde sur des vélos couchés. On échange tous les bon tuyaux, je leur lègue mon Lonely Planet sur le Népal, eux me donnent un gingembre pour me remercier. Pour l’Inde, ils l’annoncent la couleur: d’après eux, c’est l’enfer!

L’Inde, d’ailleurs, j’y arrive…

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5 Réponses

  1. alfonso collado aragones

    Yo que solo hablo español, pienso ¿que haria Yo en situaciones dificiles? ¿ como me explicaria para que me comprendiesen? pero esto no me desanima estoy seguro que saldria adelante………jajjajajjaaj

    27 mai 2012 à 19 h 37 min

  2. Guillaume Dudu

    Vas-y William! On est derrière toi !

    6 mai 2012 à 16 h 35 min

    • D’acc j’y vais!! 😉

      6 mai 2012 à 18 h 19 min

  3. Fred

    On connaît les qualités de finisseur du bonhomme 🙂 🙂

    Joli récit!

    6 mai 2012 à 12 h 05 min

    • Merci merci

      6 mai 2012 à 18 h 18 min

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