A la découverte du monde à 20km/h…

Chapitre 2: Barrero, Vincente et les autres

Sortir de Barcelone: quel défi! Je savais qu’entrer et sortir des grandes villes n’est jamais une chose aisée, mais je ne m’attendais pas à me trouver sur une autoroute à 2x 4 voies! Au début, ça fout les boules, mais la bande d’arrêt d’urgence est large, et je m’y sens bien plus en sécurité qu’en équilibre sur la bande blanche de certaines départementales françaises. Après une cinquantaine de kilomètres, à Sitges, je décide de m’arrêter. Cette demie journée de vélo avait comme objectif de me sortir des tentacules de Barcelone et de me rapprocher un peu plus de Valence à plus de 300km. Comme chaque soir, dénicher un endroit pour planter ma tente me prend du temps, mais ce soir je n’ai pas envie de tergiverser: je la plante  à 50m de la clôture d’un immense camping, ce qui me permet de m’approvisionner en eau.

Des rencontres…

Depuis mon entrée en fanfare en Espagne (cf. chapitre 1), je n’ai pédalé qu’un jour sans la compagnie d’un autre voyageur. Afin de confirmer cette tendance, ma route jusqu’à Valence se fera en compagnie de plusieurs autres cyclos. Ce mardi 27, J12, je fais la connaissance dans un premier temps de Pavel, puis de Teddy et Sébastien, et enfin de Barrero. En sortant de Sitges, je me fais rattraper par un cycliste monté sur un vélo de route muni de petite sacoches: Pavel. Il est polonais, a mon âge et est parti de Varsovie il y a quelques semaines pour rejoindre Lisbonne. Notre conversation dure 1min30 à tout casser. Il veut juste me prendre en photo en pédalant. Ce faisant, il me lance: « I’m like japaneses, I take picture of everything! », puis file a toute allure. rencontre furtive…

Peu avant midi, alors que j’étais perdu dans mes pensées, des bruits de sonnettes retentissent et deux figures apparaissent dans mon rétroviseur: Teddy et Séb. Etudiants, ils ont quittés Paris il y a 3 semaines pour rejoindre Alicante où des copains les attendent pour faire la fête. Nous avons effectué quasiment les mêmes étapes depuis la frontière espagnole, et ils ont dormis le soir précédant Sitges, à quelques centaines de mètres de ma tente, dans le camping à côté duquel j’ai bivouaqué! Nous faisons route ensemble dans la bonne humeur et mangeons sur le parking d’un supermarché. Leur compagnie m’est très agréable et c’est avec regret que je me sépare d’eux à Saloù

En fin de journée, alors que j’entre dans la ville au nom incongru de Miami Playa, un cycliste d’une soixantaine d’année, Barrero, m’aborde en espagnol. Ayant toujours été nul en langues, et mon niveau d’espagnol étant faible, je comprends qu’une infime partie de ce qu’il me dit. Je crois comprendre qu’il veut faire un peu de vélo demain et qu’il aimerait faire quelques kilomètres en ma compagnie. Il demande où je compte dormir, et quand je pense partir le lendemain, puis prends congé de moi en me donnant rendez-vous sur la route.

Après une nuit passée dans le maquis, je démarre en oubliant la conversation de la veille avec cet étrange cycliste, mais après plus d’une heure de vélo, je tombe sur un autre vélo chargé, et c’est avec surprise que je constate qu’il s’agit de Barrero! Je comprends enfin que ce vieux barcelonnais souhaite se rendre à Séville via Valence. C’est parti pour 250km  deux!

Au début tout se passe bien. Il me montre comment faire des sandwichs en frottant une tomate contre la mie de pain, et ensemble nous assistons à une fête de village avec des vaches lâchées dans les rues du centre-ville, mais en fin de journée je fatigue: essayer de parler et de comprendre l’espagnol pendant 8h non-stop (Barrero est très bavard): c’est plus crevant que le vélo!!!

Le soir, Barrero veut être invisible. Il préfère attendre la nuit pour monter la tente, et veut se mettre sous les branches tombantes des arbres afin de bénéficier d’un camouflages quasi-parfait. Ses précautions quasi-excessives m’aggacent. Néanmoins, la présence Barrero est agréable, et il est très sympathique. Avec lui je pratique l’espagnol et peux profiter le soir d’un accès à Internet grâce à son ordinateur portable! 😀

Après 15 jours de voyage et 1600km depuis la Suisse, nous entrons dans la vieille ville de Valence avec l’orage à nos trousses! Après un café glacé d’adieu, nous nous séparons avec le sourire: bon voyage Barrero!

Guadassuar

Je ne fais que traverser Valence, voulant rejoindre pour 15h Guadassuar, une petite ville située à 30km au sud de Valence où Vincente (le cyclo rencontré juste avant Barcelone) et sa famille passent leurs vacances. Aussitôt, je suis très bien reçu par Delphine, sa femme, et Lucas, leur fils. Je découvre enfin l’Espagne de l’intérieur en goûtant aux spécialités culinaires locales et en écoutant Vincente me raconter l’histoire de la région et de la ville. Durant ces 24h passés en leur compagnie, je rencontre un personnage atypique, amusant, et pouvant parler pendant plusieurs minutes de chaque composant de mon vélo: Alfonso. L’hiver passé, il a pédalé sur un vélo Décathlon à 100€ jusqu’à Marseille avec une caisse fixée sur le porte-bagages en guise de sacoches. Sans expérience, il arriva pourtant à destination 4 jours après, avec une moyenne de presque 300km par tranches de 24h! Le froid l’empêchant de dormir (il n’avait pas de matériel pour camper), il était obligé de pédaler pour se réchauffer!

Vincente, son fils Lucas et Alfonso me raccompagnent jusqu’aux portes de Valence et passe le témoin aux esprits de la ville qui seront plutôt blagueurs pendant plus d’une semaine!

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5 Réponses

  1. geoffroy marie claire

    aujourd’hui c’est fête : internet refonctionne ce qui me permet de suivre mon filleul dans ce long périple et en plus devinez quoi ? le facteur m’a déposé une belle carte de valence mille merci a toi willi bon courage pour la suite et surtout fait attention à toi l’afrique se rapproche
    bisous de paul et marie claire

    9 août 2011 à 16 h 56 min

  2. cyclo-voyageur

    si vous n’aimez pas la france, la prochaine fois evitez la !
    2 visites sur votre site et deux commentaires de critiques envers notre pays !

    2 visites de trop et les dernieres, je ne vous souhaite pas bonne route !

    8 août 2011 à 10 h 23 min

    • C’est mes propos concernant les départementales qui te dérangent? 😀
      En espérant te croiser un jour sur un chemin de campagne, bonne route!

      10 août 2011 à 9 h 13 min

      • Stiopa

        Pourtant, cela est vrai que nos route française sont parfois dangereuse , et que dire du comportement des automobiliste et autre chauffeur…..
        J’emmène régulièrement mes enfants en vélo à l’école (3km), que se soit les parents d’élèves, le bus scolaire, c’est effarant de les voir nous frôler ou s’agacer derrière nous car ils vont perdre 30 secondes ! : )

        13 mai 2015 à 2 h 32 min

      • C’est vraiment incroyable comment certaines personnes considèrent les cyclistes comme étant des nuisances. Pour ma part, j’ai pris l’option de prendre un maximum de place sur la route afin d’être bien visible et de forcer les véhicules à freiner plutôt que de les encourager à nous rabattre sur le trottoir !

        17 mai 2015 à 9 h 57 min

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