A la découverte du monde à 20km/h…

Chapitre 22:  »Avec la Mer de Chine pour dernier terrain vague »

Lessives, réparations, nettoyage de chaînes, dissection du pédalier, ingurgitation de tous les plats possibles, repos, mais aucune visite. De notre séjour à Louang Prabang, nous ne verrons aucun temples, aucun musées, aucun monuments, et ne ressentons aucun manque de ce côté  là. Nous arpenterons simplement les rues de la ville, à pieds et à vélo. Tantôt, nous  faisons notre possible pour nous éloigner du centre réservé  aux autres touristes en sandales, tantôt nous recherchons justement la compagnie rassurante, de ces gens qui, comme nous, sont loin de chez eux.
La simple recherche d’un coupe-choux et d’une clé pour devisser  mes pédales nous ont mené  dans des rues rarement visitées par nos collègues voyageurs. La ville est charmante, mais l’atmosphère qui s’en dégage est toute différente des autres régions du pays que nous avons traversé jusque là. Les laotiens sont tout aussi amicaux, mais d’une manière moins naturelle, beaucoup plus forcé. De plus, les prix sont presque doublés par rapport au reste du pays!
Après s’être bien reposé, avoir pu partager quelques informations avec un couple de cyclos Néo zelandais, et notre precieux visa vietnamien dans la poche, nous remontons sur selle, avec le Vietnam en ligne de mire.

Comme prévu, la route monte, et sur de nombreux kilomètres. Néanmoins, l’inclinaison de la pente est bien plus supportable pour nos cuisses qu’il y a trois jours, et nous pouvons parler tout en roulant, sans se trouver à bout de souffle après deux phrases. Le temps passe vite, et les metres de dénivelé s’accumulent, nous gravissons  plus de 1300m avant le crépuscule. Ce Crépuscule qui nous piège.  Cette route de montagne ne laisse percevoir aucun replat permettant de planter une tente. Le soleil rougoyant disparaît derrière les montagnes, et nous, nous continuons a mouliner en espérant que le prochain virage débouchera sur une platteforme. Malheureusement, ce n’est pas le cas, mais heureusement, nous trouvons une petite carrière, suffisamment large pour plante notre tente.
Pédaler jusqu’à la tombée de la nuit, nous n’aimons pas trop, mais cela offre certains avantages. D’abord, cela nous embête de planter la tente dans l’obscurité sans percevoir notre nouvel environnement. Puis, cuisiner alors que nos paupières restent fermées plus longtemps à chaque battements est une tâche qui n’est pas toujours bienvenue. Sans électricité pour combattre la nuit,  nos instincts animaux prennent le dessus: nuit=danger=abris=repos. Par contre, il faut admettre que les minutes précédant le coucher du soleil sont des moments de vie d’une intensité unique dans les villages que nous traversons. Avec ce soleil, véritable kameamea incandessant en toile de fond, les couleurs changent, les gens semblent encore plus souriants et debordants d’énergie. A cette heure, 18h, tout le monde se lave, les enfants balancent leurs rudiments d’anglais en nous voyant passer. Nous troquons leurs  »hello » contre nos  »sabadee », tapons dans les quenotes qui se présentent parfois, et observons toutes ces scènes de vies qui font de ces traversées de villages des moments mémorables. Jeunes filles entourées d’un pagne après s’être lavées à la fontaine, jeunes hommes, clope au bec, regroupés autour de leurs scooters couverts d’autocollants tribaux, femmes avec enfants sur le dos en train de broyer je ne sais qu’elle sorte de graines, hommes, parfois vieux et sans dents, assis sur les porches des maisons comme dans nos contrées, voici des exemples de ce que nous observants lors de ces fins de journees. Cela peut paraître cliché, mais allez traverser ces villages perchés du Laos et vous comprendrez!

Benoit fuit

Deux jours après avoir quitté l’ancienne ville royale de Louangprabang, Benoit tombe malade. Après avoir ingurgité dieu sait quelle cochonerie, il est atteint d’une coulante ravageuse. Sur ce coup, on peut dire qu’il est synchro. Comme moi après plus d’une semaine de mon voyage, Benoit attrape sa première diarrhée exactement onze jours après avoir commencé à pédaler: ce garçon ira loin! Sur le moment, ce n’est pas si drole. Comme le petit poucet, il balise notre chemin de nombreuses flaques brunes, et les montées, parfois de plus de dix kilomètres le fatigue énormément. C’est le moment propice pour commencer une série de photos de lui allongé, agonisant, au bord de la route. Vous constaterez en visionnant ces dites photographies que la bonne humeur et le sourire restent au rendez vous malgré la délicatesse de la situation.
Notre rythme change, Benoît devient seul et unique métronome a bord. Dès qu’il le souhaite, nous nous arrêtons, parfois pendant des heures, en attendant que ses forces reviennent. Néanmoins, il continue a créer l’aspiration dans les montées en pédalant en tête et la bonne humeur reste au rendez-vous. Après une étape de seulement 30km, nous sommes forcés de nous avouer vaincu en plantant notre tente sous un auvan en plein centre d’une place de village. Les villageois restent discrets et respectent le fait que nous avons besoin de repos, mais lorsque nous allons nous laver dans la fontaine du village, nous devenons de véritables curiosités. Nombreux sont ceux qui n’arrivent pas à contenir un fou rire en nous voyant gesticuler dans tous les sens pour nous savonner.
Les journées se suivent, au rythmes des montées et des intestins de Benoit. Les collines laotiennes apportent leurs lot de surprises. Les paysages sont vraiment très beaux et les routes se la jouent relativement fair-play en suivant les crêtes et non pas en descendant en fond de vallée dès qu’elles en ont l’opportunité. Nous ne montons jamais au dessus de 1600m, mais nous contemplons régulièrement des vallées depuis des points de vue les dominants de plus de 500m ou 600m. D’ailleurs, le terme  »colline », si communement employé pour décrire ce relief du nord-Laos n’est peut être pas très juste. Il est vrai qu’ employer le terme de  »montagnes » en étant si proche de l’Himalaya peut sembler prétentieux et équivoque, pourtant, nous trouvons que ces routes peuvent rivaliser sérieusement avec celles menant à nos villqges perchés dans les Alpes. En une journée, nous cumulons régulièrement plus de 1000m voir 1500m de dénivelé positifs.

Les laotiens sont extrêmement sympathiques et discrets. Quand nous nous arrêtons pour manger du riz ou des nouilles dans un village, il y a généralement quelques enfants curieux qui viennent nous devisager à distance, mais nous avons toujours le droit au calme nécessaire pour nous reposer et récupérer de la longue matinée passée à mouliner. Pouvoir se reposer ainsi dans les gargottes de bords de routes nous manquera cruellement au Vietnam. Le soir, nous cuisinons rarement. Le prix des plats étant moindres, et souvent bien meilleurs que les nouilles instantanées dont nous disposons. Le rechaud à essence reste donc enfoui au fond des sacoches.

MAG

Après 4 jours passés à gravir ces montagnes laotiennes, nous avons le droit, et nous nous y attendons pas le moins du monde, à une descente d’enfer! Durant la journée, nous descendons de plusieurs centaines de mètres et parcourons de nombreux kilomètres dans une plaine, entre rizières et pâturages. Mon compteur affiche des nombres que je ne pensais pas revoir de si tôt: quand nous arrivons a PhonSavan nous avons parcouru 200km en deux jours! Pour permettre aux défenses immunitaire de Benoit de prendre le dessus sur le mal qui le ronge, pour nous reposer, mais surtout pour nous informer un peu plus concernant les séquelles de la guerre du Vietnam qui marquent la region, nous décidons de nous arrêter dans une guesthouse de cette ville le temps d’une nuit. A Phonsavan se trouve un centre d’information du MAG, le Mines Advisory Group. Cet organisme s’occupe de nettoyer le pays des bombes, souvent à sous-munitions, qui hante encore les sols des contrées du sud-est asiatique. Ces armes sont un scandale. Pendant la Guerre du Vietnam, les bombardiers américains ont arrosé cette partie du pays au rythme d’une bombe toutes les huit minutes. On estime qu’entre 2 et 20% de ces bombes n’ont pas explosés, et c’est aujourd’hui, alors que les villageois labourrent leurs parcelles ou que les enfants partent à le recherche de métal à revendre aux ferraileurs que celles-ci ressurgissent en explosant souvent sans prevenir. Les victimes sont nombreuses et les risques bien réels. Le MAG, composé souvent d’anciens militaires, s’occupe donc de déminer ces sols menaçants et de former les équipes d’interventions composés principalement de laotiens. Alors que nous traversons cette région, nous tomberons sur une de ces équipes d’interventions composées de trois femmes et d’un homme. Tous sont laotiens, et malehureusement aucun ne parlent anglais, nous n’arrivons pas en apprendre beaucoup plus sur leur mission.
Mon ami Grégoire, après m’avoir généreusement sponsorisé, m’a confié une certaine somme à reverser aux diverses associations a buts non lucratifs que je croiserais sur ma route. Un premier don est donc partit dans les caisses du MAG.

Le Vietnam se la joue dure

Dix jours passés au Laos que nous le quittons déjà. Nous le savons, en entrant au Vietnam, nous disons adieu aux montées et embrassons d’emblée une superbe descente. Pour rejoindre la vallée de la rivière Ça, nous chutons de presque 1500m en vingt kilomètres. Cette chute libre nous grise, et c’est dans les meilleures dispositions que nous entrons dans notre troisième pays asiatique… du pied gauche malheureusement ! Eh oui, ces vingt kilomètres nous font entrer dans un autre monde. Les routes sont archi bruyante, les gens klaxonnent à tire la rigot, et tout le monde nous interpelle pour nous lancer des  »Hello » moqueurs et agaçant.  »Nous sommes fatigués », nous disons nous en nous arrêtant à la première ville pour la nuit,  » demain nous verrons, les choses différemment  ». En effet, tout est différents le lendemain parce qu’il pleut. La dernière fois que j’ai du pédale avec une veste, cela devait être quand je descendais le Rhône il y a six mois, du coup ça fait bizarre. La journée est pénible, pas du point de vue physique, mais parce que les nerfs sont mis a rude épreuve. La circulation est bien plus dense que dans les derniers pays, et les klaxons des camions déchirent nos tympans à chaque fois que ces mastodontes nous croisent. Énervés, il n’est pas rare qu’une insulte fuse, inutilement, à l’intention d’un chauffard qui nous dépasse. Nous prendrions surement cela plus légèrement si nous avions le droit à des moments tranquilles, sans être sollicités de toutes parts. Chaque halte, surtout lorsque nous mangeons, attire son lot de curieux. Ceux-ci tripottent toutes les parties de nos vélos, s’assoient juste à côté de nous et nous regardent manger en pouffant. Mais attention, ces gens, même s’ils sont agaçant, ne sont en rien méchant ou agressif. Il nous faut juste du temps pour nous adapter à ce changement de rythme entre les deux pays. Les deux journées passées près de cette rivière  »Ça » sont donc tout aussi fastidieuses que celles passées en montagne, et l’envie de déboucher sur la Mer de Chine nous motive plus que jamais.

D’un coup, nous nous retrouvons catapultés dans la Belgique de Brel.
Ici, tout y est: canaux, brume, ciel bas, et, à notre immense surprise, des cathédrales! Plusieurs fois nous les voyons surgir de nulle part dans cette campagne plate à l’infinie. En espérant y trouver un peu de calme, nous nous dirigeons vers l’une d’elle. La place de l’Église est effectivement très calme, uniquement occupée d’une poignée de balayeurs et de jardiniers. Pourtant, lorsque je reviens auprès de Benoit après être aller jeter un coup d’oeil a l’intérieur, mon ami est entouré de 15 ados en scooters qui le sollicitent de toute part. Trois sont assis sur son banc et le tiennent par l’epaule, quatre sont regroupés autour de sa carte, tandis que deux autres jouent avec mon klaxon. Le calme, ce sera pour plus tard! 😀

Les kilomètres défilent, les paysages n’évolue plus, mais nous sentons toût de même que nous approchons de la mer. Finalement, après être passés devant quelques complexes hôteliers déserts, nous voyons le bout de cette route que nous suivons depuis le Laos. Celle-ci s’arrête net, débouchant sur une plage et sur une étendue d’eau marron: la mer, enfin! Même si le cadre n’est pas somptueux, nous savourons pleinement cette nouvelle étape. De plus, c’est sur cette plage que je franchis mon 7’000eme kilomètre!

Route 1A: Apodalypse Road

Nous avons repéré à deux kilomètres à l’intérieur des terres deux immenses immeubles au bord de la route 1A. Ils se trouvent que ceux-ci appartiennent à un hôtel quatre étoiles. Fatigués, nous décidons d’aller demander les prix, quitte à négocier un rabais sponsoring. Quand le réceptionniste nous annonce que la nuitée nous reviendra à 10€ par personne, nous n’hésitons pas une seconde: ce soir, mais aussi demain, nous jouerons les princes!
Je pense que jamais plus cette chambre d’hôtel verra débarquer de tels uluberlus. Cette chambre, nous l’amortissons à fond! La salle de bain est très vite encombrée des saccoches vidées et lavées, la tente, humide depuis quelques jours, est pendue à côté du rideau de douche, les vêtements sont lavés puis enfermés dans la panderie avec le sèche cheveux à fond pour les sécher, et la TV allumée sur les chaînes sportives pour se remettre à jour. Du garage en sous-sol au bar du quatorzième étage, nous profiterons de tout ce que l’hôtel a  à offrir. Seul bémol pour le petit déjeuner : les nouilles et la soupe au tripes c’est pas top à 8h du mat… heureusement, il y avait des toasts. Après avoir repris du poil de la bête et mis sans dessus dessous la chambre, nous quittons cet hôtel en direction du Nord, de Hanoï.
La route A1 est la colonne vertébrale du pays. Du sud au nord, les marchandises et les personnes transitent sur cette deux-voies pas plus grande qu’une  »cantonale » reliant Hanoï à Ho-chi-minh. En lançant nos deux roues sur cette A1, nous pensons que nous seront assez fort, que nous allons réussir a remonter les 250km jusqu’à la capitale sans peter un câble. Mais bien sûr! En vingt kilomètres à peine nous comprenons notre douleur. Concert de klaxons permanant ( encore maintenant, nos tympans vibrent comme des manettes de PlayStation), chauffeurs de bus hallucinés qui pensent pouvoir passer entre le camion qui arrive en face, le scooter qui nous double, le type qui tire sa charette et nous (et ils y arrivent!), et gens toujours plus bizarres: les journées sont longues et il nous tarde d’arriver à Hanoï. Finalement, au bout de deux jours passés sur cette route du diable, nous bifurquons, quitte à rajouter des kilomètres à nos compteurs, pour nous aventurer dans la campagne.
Cette fois-ci, c’est la boue et une piste, bien plus étroite mais aussi très fréquentée, qui nous tend les bras. La boue s’accumule dans mon parre-boue et me freine souvent. Dans un village perdu, un ivrogne (il est 10h du matin) se met en travers de la route et nous empêche de continuer. Nos amis de la Riponne ont du soucis à se faire car ici les marginaux sont de véritables amuseurs publics. Pendant que le Monsieur me tient la manche sans vouloir me lâcher, les villageois regarde la scène et rigolent d’un air de dire  » ahahah, sacré Michel, toujours à embêter les petits cyclos! ».

Nous arrivons finalement après ces longs et fastidieux kilomètres dans la capitale vietnamienne. Nous avons pris notre temps au Laos, mais au Vietnam, nous avons vraiment foncé, à tel point que nous arrivons à Hanoï avec plus d’avance que prévu. L’occasion pour nous de nous faire réconcilier avec les vietnamiens. (Autant vous dire que les quelques jours déjà passés dans la capitale nous ont bien réconcilié!)
Repos, repas, boisson, slaloms entre les milliers de scooters en vélos, lessive, récurage de velos, nous avons deux semaines pour remettre nos pendules à l’heure. Ensuite, nous nous séparerons, Benoit rentrant à Lausanne, et moi m’envolant vers le Népal.

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7 Réponses

  1. alfonso collado aragones

    Ahunque no lo comprendas ,sabes que te seguimos por internet

    30 mars 2012 à 9 h 16 min

  2. alfonso collado aragones

    La traduccion del google no es muy buena pero consigo hacerme una idea de tus relatos,Ya va quedando menos para concluir Tu viaje deseo que te sea todo favorable como lo a sido por el momento , sigue mandando esas fotos tan bonitas asi nosotros viajamos a traves de tus ojos.
    Suerte en tu aventura…………….eres el mejor……..willi, siempre adelante
    Desde Valencia (España) te felicito por tus fotos y relatos
    Te recordamos y seguimos , no nos olvides

    Alfonso

    13 mars 2012 à 18 h 31 min

    • Gracias alfonso !! J’espère qu’un jour tu pourras avoir accès à un texte en espagnol pour que tu puisse tout comprendre !

      14 mars 2012 à 13 h 52 min

      • Demandes à ton frère ….

        15 mars 2012 à 14 h 31 min

  3. Hola amigo Willi , son estupendos tus relatos , si tuviese que elejir entre uno dificil estaria la cosa , Al menos tuviste a Benoit , el viaje se hace mucho mas llevadero , como siempre continuas a darnos ganas de cojer la Bicicleta y salir a conocer el Mundo , tan diferente de jente y astracto como un cuadro de Picasso, un Saludo de este amigo que te aconpaña en cada recito , Asta pronto Willi

    6 mars 2012 à 13 h 38 min

  4. Diane

    Aaaah les routes au Vietnam, ça me rappelle le Cambodge ! On hallucinait et on avait peur pour nos vies alors qu’on était dans le bus et pas sur le vélo… Ahahah, sacrés eux à doubler avec un camion en face dans les virages. C’est priceless !

    5 mars 2012 à 19 h 04 min

  5. corinne hermieu

    Salut William,
    Nouveau continent, nouvelles impressions…c’est toujours aussi agréable de suivre ton parcours…je rêve de découvrir la baie d’Ha-long…si tu vas jusque là, il faut absolument que tu aies une pensée pour moi, ok ? bonne continuation et bonne route. Biz. Corinne

    5 mars 2012 à 12 h 12 min

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