A la découverte du monde à 20km/h…

Chapitre 15: Des plages brésiliennes aux 5’000 chiliens

Ouf, par où commencer… Bravo William, t’as pris du retard sur 20kmh, et maintenant, tu galères devant l’écran.
Bon, où nous sommes nous quittés? Au Brésil, il me semble.

Le Brésil! Alala, ce pays aura tenu toute ses promesses et m’a réservé bien des surprises! Déjà, quel choc en arrivant à Rio, après Dakar ! Je me trouve catapulté dans un quartier de la ville moderne, où les centres commerciaux se succèdent et où les voitures pullulent. Je suis dans un appartement (chez Ricardo) situé au 13e étage, j’en ai presque le vertige après 90 nuits à même le sol!

Le Pain de Sucre

Mon séjour à Rio se résume en très peu de mots: « Pain de Sucre »! Le 2e jour après mon arrivé, je me suis rendu aux abords de ce gros rochers à la forme si caractéristique. 400m de Gneiss, surplombant entre autres les plages de Botafogo et Copacabana et offrant une vue imprenable sur le Christ du Corcovado. Lors de cette première excursion, je trouve un petit sentier, prolongement d’une promenade au niveau de la mer, qui monte directement vers le sommet du rocher. Il est tard, il a plu, mais je décide de monter un petit peu. Le chemin n’en est pas vraiment un, il faut se mettre à quatre pattes car les plaques rocheuses qu’il traverse sont si abrupte que des spits sont à disposition pour s’encorder. En 15 minutes de montée, on atteint un point hors du temps, hors de la ville. À environ 100m au dessus de la mer, on peut contempler la baie de Rio d’une manière unique et des plus originales. De ce promontoire, on est en pleine nature, des sortes de vautours se laissent approcher, ainsi que des petits Macacos-Ouistitis. En observant le panorama, on aperçoit seulement quelques bateaux qui nous rappellent que dans notre dos se trouve l’un des plus grand port et une des plus grande ville d’Amérique du Sud. Lors de cette première ascension, je suis seul, et à environ 200m de l’océan, je me retrouve bloqué, un passage de 2m  compliqué, et le risque de tomber est trop grand. Si mes prises me font défaut, c’est la dégringolade assurée jusqu’à la mer!

En grimpant, je fais une découverte improbable: des dizaines et des dizaines de pièces de centimes de Reais (la monnaie Brésilienne)! Chose encore plus étrange, parfois je tombe sur des paquets scellés de 20 de ces pièces, tout droit sorti de la banque. Ces centimes, je les trouves éparpillés sur les rochers, comme si celles-ci étaient tombées en cascade depuis le sommet. Intrigué, j’en ramasse suffisamment pour que les poches de mon short soient pleines à craquer!

Cette découverte me motive à retourner le lendemain avec Ricardo. Je fouille dans tous les recoins possible avec l’aide d’un type qui fait guide sur le Pain de Sucre. Il nous annonce que le restaurant du sommet à été dévalisé il y a deux jours. En fuyant les voleurs ont du jeter les petites pièces, trop lourdes, pour garder les billets. Après deux jours de recherche, ma part du butin s’élève à plus de 200 Reais, soit 100 Francs Suisses!

Le soir, Carla, ma collègue géographe arrive à Rio, et bien entendu, la première chose que je veux lui montrer, c’est cette face du Pain de Sucre. En sa compagnie, j’y retourne ainsi une troisième fois de suite. Comme nous y passons beaucoup de temps, nous devons repousser au lendemain l’ascension complète du rocher par la télécabine. Ainsi, j’y retourne une 4e fois, et en guise d’adieu, le Pain de Sucre me permet d’aller contempler son panorama  gratos. En effet, avant de passer au guichet, je découvre à mes pieds un ticket aller-retour pour le sommet! C’est sûr, les vacances avec Carla commencent pour le mieux, la chance est de notre côté!

Ilha Grande

Respectant à la lettre la tourist attitude, les premiers jours à Rio avec Carla se déroulent pour le mieux. Photos débiles devant le Corcovado, pauses niaises devant des sculptures en sable sur la plage, découverte de Copacabana en plein jour (comme si c’était en plein jour que ça se visitait!)…etc. Mais bon, le principal c’est qu’on s’amuse beaucoup! Ricardo nous aide bien, véritable ange gardien, il nous sortira même en boîte dans le quartier de Lapa. Le plus Rock n Roll, c’était quand même le retour en voiture à 5h du matin..

Ricardo, encore lui, est celui qui nous offre le billet aller simple pour Ilha Grande. Cette île située à deux heures de route et une heure de bateau de Rio pourrait aussi bien être perdue au milieu du Pacifique, nous n’aurions pas vu la différence. Montagne, forêt Atlantique, plages paradisiaques se côtoient sans qu’aucune route ni voiture ne viennent troubler la tranquillité des lieux. La taille de ce bout de terre est toutefois surprenante: presque  130km de côte.

Sur cette île, nous allons vivre une expérience bien singulière, et, avec le recul, très déroutante. A ce moment toujours bons amis, nous débarquons un dimanche soir à Abraao, petit port et seule réelle ville de l’île. On fait le plein de provision, on remplit nos sacs pour survivre 2 jours au grand maximum. Après 1h30 de marche dans la forêt et par dessus quelques collines, nous arrivons à Palmas, une belle plage comme dans les catalogues d’agences de voyage. Quelques cahutes proposent aux rares touristes des boissons, du poisson, ou des emplacements de camping. Nous plantons donc notre tente à 20m de la mer, en pensant la replier le lendemain. Mais voyez-vous, dans un lieu tel que celui-ci, il est difficile de ne pas oublier le monde qui nous entoure. Après la frénésie de Rio, le calme nous étourdi, et nous n’avons pas envie de nous stresser pour voir les 1000 lieux qu’on avait prévu de visiter durant nos 10 jours de voyage commun. De plus, une plage située à l’autre bout de l’île nous intrigue. Elle se nomme Aventureiro et est considerée comme étant l’une des plus belle de l’île et, par conséquent, du monde.

D’un coup, nous prenons LA décision. Celle d’atteindre cette plage coûte que coûte: à la trappe Parati, Ubutuba et les chutes d’Igazu! Désormais, nous allons rester sur l’île aussi longtemps que nos obligations respectives nous le permettent. Dès lors, notre mode de vie change radicalement. Nos personnalités se transforment, le William et la Carla de l’uni de Lausanne disparaissent, et à la place deux créatures des bois voient le jour. Les serpents corails qui traînent sur les chemins nous font plus peur. Ensemble, nous chassons les fantômes des ruines d’une prison et partons à la recherche des sources des rivières qui se trouvent sur notre route.  Dans la forêt, nous marchons pieds nus, le corps de Carla est bientôt couvert de griffures et mes jambes de piqûres!

Tout se joue à l’instinct, sur le moment présent. Nous n’arrivons plus rien à prévoir ni à planifier. Nos  téléphones se déchargent progressivement, nos portes-monnaies sont quasi-vides (il n’y a pas de distributeurs automatiques sur l’île) et nos  provisions sont de plus en plus minces. Progressivement notre régime alimentaire se modifie: fruits et crackers en exclusivité pendant deux jours! Notre seule inquiétude, la batterie de nos iPod qui diminue.

Lors d’un de nos passages à Abraao, nous sommes pris d’une envie soudaine et incontrôlable. Etant devenus des êtres primaires et peu évolués, nous ne pouvons pas lutter, et c’est avec avidité que nous nous jetons ensemble, assoiffés, sur… la première Caipirinha venue! Presque à jeun, fatigués, cette Caipirinha nous est fatale. Les deux boissons qui suivent nous achèvent et, comme deux alcooliques de la Riponne, nous nous retrouvons à errer dans les rues d’Abraao pendant de longues heures jusqu’à ce que nos carcasses viennent s’échouer sur une plage. Seuls témoins de cette cuite la moins coûteuse de l’histoire: le chien qui vient nous réveiller!

Lentement, la semaine s’ecoule, et quand arrive le week-end, cette île paradisiaque ne l’est plus tellement. La jeunesse branchée de Rio et Sao Paulo viennent passer leurs quelques jours de congés sur cette île pour faire la fête. Ilha Grande alias Ibiza pour ce week-end. Notre tente se retrouve vite entourée de 300 autres, et le petit camping paisible qui nous abritait prend aussitôt des airs de Paléo. Nous avons fait notre temps, et sans regrets, nous retournons sur le continent. Le court séjour à Sao Paulo, dans la grisaille, fait un peu l’effet d’une gueule de bois. On doit réapprendre à vivre en société, à respecter certains codes et à répondre à nos sms. Après 3 jours un peu tristes dans cette jungle urbaine hostile, nos chemins se séparent et, irrémédiablement, mon avion décolle le 16novembre pour …

Santiago!

Allez, méga motivation! Toujours nostalgique de ces deux semaines, je débarque de l’autre côté du continent à 2h du matin. D’emblée, le ventre criant famine, je me trouve un sandwich… aux asperges! Berk! Pour me consoler, je trouve un banc tranquille dans un coin reculé de l’aéroport et j’imite Tom Hanks dans Terminal en faisant mon nid entre les voyageurs et les hôtesses pour le restant de la nuit.
A peine débarqué au centre de la capitale chilienne, je fais du stop jusqu’à la station de ski de Valle Nevado. ma première vraie nuit au chili se fait sur un promontoire à 2’000 au dessus de Santiago. Le soleil se couche à l’horizon, et peu à peu, les lumières de la ville apparaissent et me servent de veilleuse. Le soir, alors que je me cuisine mes pâtes, un condor vient tournoyer au dessus de moi:  » bienvenu dans les Andes » me lance-t-il!

Mes premiers jours chiliens se passent donc en montagne, dans la région du Cerro del Plomo. C’est que je dois m’entraîner avant d’entamer l’Aconcagua! Je passe ainsi trois journées au-dessus de 4’000m, dans le froid et dans le vent. Un premier sommet de 4’180m, le Cerro Pintor,  me donne confiance. Les paysages sont magnifiques et grandioses. Il faut multiplier par deux tous éléments qu’on peut voir en se baladant dans les alpes. Les vallées, les glaciers, les blocs ératiques, les moraines, tout est gigantesque!! En revanche, les refuges, eux, sont des plus sommaires. Pas plus grands qu’une tente, ils peuvent abriter du vent, mais pas du froid (car pas de portes) trois marcheurs maximum. Je passe deux nuits en compagnie de Jean, un randonneur normand, et Maurizio son guide au refuge de Federacion, au pied du Cerro del Plomo à 4’110m. N’étant pas équipé pour le grand froid, je ne monte qu’à une altitude de 4’850m sur les 5’400m du Cerro del Plomo. Je suis satisfait, je tiens bien l’altitude jusqu’à là, et  l’impression de monter toujours plus haut est grisante. En revanche, je réalise seulement maintenant dans quoi je me suis lancé en m’inscrivant dans cette expédition pour l’Aconcagua. Bien que réputée facile techniquement, il n’est jamais aisé de monter à des altitudes de presque 7’000m! C’est vraiment de la TRÈS haute-montagne qui m’attend, et je commence à appréhender un peu. Soudainement, je me prends à regretter le luxe de notre tente 1place sur Ilha Grande…

Je découvre vraiment Santiago 4 jours après être arrivé au Chili, en descendant des montagnes. Il me reste 5 jours avant le début de l’expédition, et ces jours sont mis à profit pour trouver du matériel, moins cher au Chili qu’en Argentine. Durant ces quelques jours à Santiago, je rencontre aussi Laura, la soeur d’Eric, un copain d’Epalinges. Elle vit depuis la semaine chez son copain Julio. C’est marrant de faire la connaissance d’une Palinzarde si loin de chez nous! La journée, je découvre certains coins de la ville en sa compagnie, le soir, nous allons manger des plats typiquement chiliens avec son copain. Nous nous quittons, en nous promettant de se revoir à mon retour d’expé.

Hier, j’ai tenté l’auto-stop longue-distance pour rejoindre Mendoza en Argentine. Je me prends bide sur bide pendant 2h. Finalement, je rejoins la gare routière et prend un bus. C’est donc Mercredi 23 depuis Mendoza et encore  à moitié endormis que je vous relate les événements de  ces dernières semaines. Dans deux jours je pars pour l’Aconcagua, à dans trois semaines cher lecteur, Inch Allah! 😛

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7 Réponses

  1. Poiret

    Salut parrain je t envoie pleins d’ encouragements je penserai à toi bientôt depuis aussois où la montagne est plus facile puis ce sera la classe de neige …. Le 4 janvier 🙂 henri

    6 décembre 2011 à 20 h 25 min

  2. Hola Willi , esta aventura te dejara marca , la jente , los lugares , las playas , el clima ,.
    Todo junto que esperiencia , la amavilidad que estas encontrando , la jente noes tan mala y el planeta vastante acojedor , a ten cuidado con las Brasilenas son muy carinosas
    no traigas una en el porta maletas ahahahaha ,. Continua sorprendiendonos con tus aventuras y azanas , continua hacia el Oeste americano con tu CABALLO ahahaha!!!!!

    6 décembre 2011 à 14 h 45 min

  3. Christine Bron

    Bonne chance pour cette expédition.
    Passer des plages brésiliennes à un sommet de 7000m. c’est quand même un peu violent.
    Fait gaffe au Yeti!!!

    1 décembre 2011 à 20 h 40 min

  4. Thomas

    Heyyyy William je lis avec toujours autant d’intérêt ces récits que tu écris toujours avec autant d’entrain de ces aventures que vis toujours autant à fond!!! C’est fort génial! Tout de bon pour l’Aconcagua!!!! Keep fire burning comme on dit!!

    29 novembre 2011 à 21 h 11 min

  5. alfonso collado aragones

    mE ALEGRO QUE TODO TE VAYA BIEN,TE ENCUENTRAS UN TESORO (MONEDAS) TIENES UNA BUENA ASCENSION A LA MONTAÑA ¿ QUE MAS SE PUEDE PEDIR? AHUNQUE SEA DURO ESPERO QUE NO PIERDAS LA MOTIVACION Y CONSIGAS TU PROPOSITO,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,, SUERTE AMIGO

    25 novembre 2011 à 8 h 22 min

  6. L’appréhension, lorsqu’elle est maitrisée, permet d’être prudent. Courage sur ton presque 7000, profite de cette chance que tu as!

    24 novembre 2011 à 15 h 30 min

  7. Fred

    Mec, c’est taré tes aventures! On veut plein de photos de ton 7000m argentin!! Pas de folie quand même… 😉

    24 novembre 2011 à 10 h 46 min

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