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Chapitre 8: Du Toubkal…

Retour à Marrakech. Ces jours de repos m’ont fait du bien, je suis motivé, mais je ne me fais pas d’illusion, je sais qu’à tout moment je peux replonger dans l’ennui. A moi de trouver les moyens pour éviter que ça se reproduise!

Tout d’abord, en route pour le Haut-Atlas! Durant la première partie du voyage, j’ai réalisé que j’avais besoin de faire des marches; même si je ne fais pas de randonnées très régulièrement en Suisse, je sens qu’ici ça me manque.

Ainsi, de Marrakech à 450m je monte jusqu’à Imlil, 1’740m, petit village au départ des principaux treks que le massif propose. L’ambiance montagnarde me plait, même si on sent l’influence citadine de Marrakech. Je plante ma tente dans le jardin du refuge du club alpin…français. Tenu par une Française d’une soixantaine d’années, il s’apparente plutôt à une auberge de jeunesse. Le vrai refuge, toujours du CAF, il est là, en-haut, dans les rochers à 3’200m. Le lendemain, 1’400m plus tard, j’y arrive. Il est midi à peine. J’ai bien marché sur ce chemin ou cohabitent muletiers et trekkeurs européens. Heureusement qu’ils cohabitent car ces mules transportent toutes les affaires de nombreux marcheurs qui partent trekker plusieurs jours en compagnie d’un guide. Pour avoir rencontrer quelques uns de ces petits groupes, j’en arrive à la conclusion que ça doit être bien sympa d’évoluer ainsi, et de découvrir l’Atlas avec l’aide d’une personne qui en connaît un rayon sur l’histoire, la géographie et les us et coutumes de la région.
Au refuge, le vrai (3’200m), je dépose mes quelques affaires (puisque je n’ai qu’un petit sac de 10L avec moi, je n’ai quasiment rien), je mange un peu et commence à me prélasser et à discuter avec les autres trekkeurs. Il est 14h et je décide quand même d’aller explorer la vallée, et tenter d’apercevoir le Lac d’Ifin depuis un col. Je ne pars qu’avec mon appareil photo, de l’eau et un pull. Très vite je me rend compte que j’ai pris le mauvais chemin: je suis en train de monter vers le Toubkal! Tant pis, je me le réservais pour le lendemain, mais si dieu le veut…  »Inch Allah »!
J’entame donc la montée dans le pierrier, et… ça glisse! Peut importe ce que peut dire Murielle, grande militante anti-bâtons de marche, ici ils auraient été utile!

J’arrive au sommet vers 16h00. Je suis a 4’167m et je suis parti d’Imlil 8 heures plus tôt à 1’700m. En 6 heures de marche les 2’400m de dénivelés je les sens. Le manque d’oxygène me monte à la tête et j’ai un peu l’impression d’être sur un nuage. Comme qui dirait: « c’est un peu comme avoir fumé un demi-joint en prenant du poppers ». La vue est superbe. Ça vaut vraiment le détour! Je vois des montagnes arrondies, basses et très jaunes à l’Est, et des géants plus anguleux à l’Ouest. Au Nord on peut deviner Marrakech dans les nuages, et au Sud… encore des montagnes. Pour le Sahara il faudra attendre un peu!

J’arrive à rentrer juste avant la nuit, et surtout juste à temps pour le repas! C’est marrant, on se croirait dans un refuge au cœur du Valais: les cartes sur les murs, le piolet au dessus de la cheminée, mais ce soir on mange…de la tajine! On ne trouve pas des roestis ou des croûtes au fromage partout! 😀 Durant le repas je fais connaissances avec deux trios de Polonais et de trois jeunes Marrakechis venus 4 jours en vacances dans l’Atlas. Avec eux je discute pas mal. Ils parlent assez bien français et l’un deux est même allé quelques mois en Bretagne pour faire un stage d’agronomie. Dans le dortoir en revanche, je tombe sur trois Irlandais de 60 ans. Ils ont fait le Mt-Blanc et le Kilimanjaro, et cette année c’est le Toubkal. Eux, ce sont des vrais, le brandy coule à flot!

Le lendemain, après une nuit agitée et courte (pleine lune?), je repars vers le col d’où je peux apercevoir le fameux Lac d’Ifni. Il parait que sa couleur est exceptionnelle. Du haut du col, à 3’600m, je l’aperçois, mais rien de si exceptionnel. Je pense qu’il faudrait s’en rapprocher et s’y baigner pour apprécier.

Je redescends donc d’une traite jusqu’à Imlil. Les jambes en coton après 2’000m de descente, j’arrive dans le village et entend « William, William! » Mes trois amis marrakechis du refuge m’invitent à leur table et ensemble nous partageons une tajine à la manière où en Suisse on aurait partagé une fondue après une jolie course en montagne. Il faut que je prenne des forces car demain je reprends la route en direction du fameux col Tizi N Test….à suivre, tatatam!!

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